Agriculteur dans le Tarn, connu pour son rôle déterminant dans la création de la filière oléoprotéagineuse française, Jean-Claude Sabin vient de publier un livre, Un paysan d’Occitanie raconte… Cet ouvrage sorti aux Éditions Baudelaire fait en particulier la description des conditions de la vie rurale d’avant-guerre et du développement de l’agriculture après 1945.
L’auteur, né en 1934 dans une famille parlant l’occitan, mais dont les parents ont insisté pour qu’il parle en français, livre d’abord un témoignage de la vie dans les années 1930 et 1940 : le travail acharné de son père, qui fustigeait les « manjadouiros » (ceux qui dilapident), les sabots de bois garnis de paille pour aller à l’école, le pain de maïs et les draps glacés du dortoir du lycée agricole d’Albi. Et aussi le premier tracteur de son père et les fêtes liées aux saisons.
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Il narre l’enchaînement des événements qui l’ont conduit à fonder la filière oléoprotéagineuse : l’embargo imposé par les États-Unis sur leurs exportations de soja, la panique de l’élevage français. Il détaille les arguments dont il a usé pour sensibiliser milieux agricoles et pouvoirs publics : le déficit grandissant en protéines, bien que prévisible, était « ubuesque ». Jean-Claude Sabin a été la cheville ouvrière de la création des interprofessions des protéagineux et des oléagineux et de l’expansion de la culture du colza et du tournesol, à la fois pour l’huile (qui était essentiellement importée des anciennes colonies, avec l’arachide du Sénégal) et pour le tourteau. En 1983, il a créé l’outil opérationnel de la filière, Sofiprotéol, qui était d’abord un établissement financier alimenté par des cotisations professionnelles, devenu ensuite le groupe industriel autonome aujourd’hui dénommé Avril.