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Crise du lait Jean-Michel Lemétayer : « On a intérêt à être engagé dans notre aval »

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« Je suis favorable à la participation des producteurs dans leur entreprise », a souligné Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, alors qu’il s’exprimait sur le cas d’Entremont, le 21 juillet, tirant les conséquences de la crise. « Il faut réfléchir à des producteurs actionnaires », a-t-il expliqué, « même si les producteurs d’Entremont réunis en association n’en sont pas là ». Il condamne le « jeu de massacre » de la Commission européenne sur le dossier laitier.

«On a intérêt à être engagé dans notre aval (…). Notre travail ne s’arrête pas au bout du chemin de notre ferme. Sinon il faut revoir notre statut d’entrepreneur agricole », a lancé Jean-Michel Lemétayer, le 21 juillet alors qu’il s’exprimait sur le cas d’Entremont. « Je suis favorable à la participation des producteurs dans leur entreprise », a-t-il ajouté. Interrogé sur l’action de Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture sur ce dossier, le président de la FNSEA estime qu’« au stade où sont les choses, j’aurais du mal à imaginer que l’État ne se mouille pas alors que près de 6 000 producteurs et 6 000 salariés sont impliqués ». Une entreprise qui est « plus importante que le groupe PSA chez moi en Bretagne », insiste le responsable syndical. Dans ce contexte, si aucune solution satisfaisante n’est trouvée « dans des délais rapprochés, à la fin août, la situation explosera ». « Il faut apporter une réponse aux producteurs de lait concernant le prix. On ne peut pas négocier le prix du lait tous les deux mois », a-t-il encore dit. Le risque est aussi de « mettre à mal les autres engagements comme l’accord du 3 juin sur le prix du lait ». Plus globalement, au chapitre de la contractualisation qui doit faire l’objet d’une réunion début octobre au ministère de l’Agriculture, le président de la FNSEA souhaite que « les producteurs soient en situation de choisir ». En clair, qu’on ne leur impose ni le type de contrats, ni un système de double quota figé.
Une Commission « incorrigible »
Au sujet du rapport de la Commission européenne sur le lait, celle-ci est « incorrigible et autiste », a condamné le leader de la FNSEA. « La réalité la plus difficile à admettre est de se dire que la majorité des représentants agricoles de l’Union européenne ne condamne pas cette attitude », regrette le président de la FNSEA. « L’espoir qu’on avait mis dans la présidence française » afin de convaincre de la nécessité de « sortir du libéralisme outrancier » a échoué. « On est passé à côté », a-t-il ajouté. Jean-Michel Lemétayer dénonce « le jeu de massacre auquel se livre la Commission. Les producteurs sont mis à mal et les conséquences seront dramatiques », prédit le président. La question de la compétitivité des entreprises agricoles dans un contexte économique mondialisé de plus en incertain sera au cœur de la loi de modernisation agricole prévue pour la fin de l’année espère-t-il. « La préoccupation majeure est celle du revenu : les trésoreries sont sous tension et les recettes ne sont pas là, a-t-il souligné. Je ne suis pas de nature pessimiste mais le temps est lourd pour notre agriculture ».

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