Dans une interview au groupe Réussir du 7 février, Jean-Michel Lemétayer « ne ferme pas la porte au découplage total ». C’est ce qu’il déclare au nom du pragmatisme et en réaffirmant que la politique agricole doit être avant tout une politique économique. « Nous ne pouvons aujourd’hui camper sur des solutions bloquées », résume-t-il. Au sein de la FNSEA, cette « sortie » risque de faire des vagues notamment chez les éleveurs.
Les temps changent. Lors de l’application en France de la réforme de la Pac de Luxembourg de 2003, la FNSEA avec à sa tête Jean-Michel Lemétayer ne voulait pas entendre parler de découplage total. Le risque d’un abandon de certaines productions difficiles ou en zones défavorisées planaît. Cette position était dans la droite ligne du gouvernement de l’époque. Aujourd’hui, dans le cadre du bilan de santé de la Pac, Jean-Michel Lemétayer ouvre le débat. Mieux, dans une interview au groupe Réussir datée du 7 février il met les pieds dans le plat. « Je ne ferme pas la porte au découplage total », affirme-t-il. Même si « le pragmatisme doit prévaloir », il dit « ne pas avoir d’a priori face au découplage total ». Conscient que les éleveurs de la FNSEA risquent de ne pas apprécier sa « sortie », il les invite « à rester ouverts sur ce débat ». Lui-même souligne que « le débat doit avoir lieu chez nous » à la FNSEA. Pierre Chevalier, président de la FNB estime également qu’il faut avoir un « véritable » débat au sein de la FNSEA à ce sujet.
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Opposition des éleveurs, scepticisme des céréaliers
Mais, la perpective du découplage total ne lui convient pas. « Selon les études en notre possession, découpler la PMTVA risquerait de nous faire perdre 1 million de vaches. On ne peut pas prendre ce risque », résume le président de la FNB. Le spectre de l’élevage ovin français planerait dans ce cas sur l’élevage allaitant souligne Pierre Chevalier. Pour leur part, les producteurs de grandes cultures ne sont pas hostiles au principe du découplage total. Jusqu’à présent, 25% des aides aux céréales sont recouplées. Dans un document diffusé dans les départements à l’occasion des débats sur la réforme de la Pac, Orama (organisations des producteurs de grandes cultures) rappelle que « la France a saisi toutes les possibilités offertes par la réforme de 2003, de recouplage des aides en grandes cultures comme en production animale afin de garantir le maintien de l’activité économique dans les régions herbagères et intermédiaires, ainsi que pour satisfaire la demande pour certaines productions ». L’organisation poursuit : « Toutefois, Orama ne s’opposerait pas au découplage total des aides directes dans l’agriculture française, à condition qu’il s’applique à l’ensemble des secteurs concernés par le régime des paiements uniques (et non pas aux seules grandes cultures comme semble le suggérer le ministre de l’Agriculture). »