Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a plaidé, le 7 mars, pour « des interprofessions à deux niveaux » lors du colloque organisé par Science Po et la DGCCRF (répressions des fraudes) sur le thème « Quelle régulation pour les marchés agricoles ? ». Prenant l’exemple d’Interfel, il a critiqué le fait que « cette interprofession appelle à ce que tout le monde intervienne sur des sujets qui ne les concernent pas directement ».
« Nous sommes la seule profession ne fixant pas nos prix. Ce n’est pas neutre : nous ne sommes pas maîtres de nos prix », a souligné Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le 7 mars, lors de son dialogue avec le président de la FCD (Fédération des entreprises de commerce et de la distribution) Jérôme Bédier. Ils étaient invités tous deux à témoigner en tant qu’acteur économique lors du colloque organisé par Science Po et la DGCCRF (répressions des fraudes) sur le thème « Quelle régulation pour les marchés agricoles ? ». Prenant l’exemple de la flambée du prix du baril, Jean-Michel Lemétayer souligne qu’en conséquence ni le prix du vin ni celui de la baguette augmente.
Agir tôt avant les crises
Le président de la FNSEA souhaite que les filières agricoles s’organisent, estimant qu’agir tôt sur les crises coûte moins cher au final. Dans ce contexte il plaide pour des « interprofessions à deux niveaux». Prenant l’exemple d’Interfel, il critique le fait que « cette interprofession appelle à ce que tout le monde intervienne sur des sujets qui ne les concernent pas directement ». Jean-Michel Lemétayer estime qu’un « premier cercle » doit mettre autour de la table les personnes concernées par des sujets de l’interprofession (adéquation de l’offre et de la demande, …) et donc, de mettre à l’écart, dans un premier temps la distribution. Il insiste aussi sur la nécessité pour les interprofessions de voir leurs accords validés par les pouvoirs publics. Guillaume Cerutti, directeur général de la DGCCRF répond « non » à ce type d’organisation. « Comment séparer tels ou tels sujets interprofessionnels ? », interroge-t-il.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Un ersatz d’OCM »
Jean-Michel Lemétayer insiste aussi sur « le désastre» qui résulte du virage à 180 degrés de la Commission européenne aboutissant à une « t otale disparition des OCM (organisation commune de marché) ». Dénonçant l’attitude des GMS, le leader syndical regrette le mauvais « tuilage » entre les « nécessaires importations » et les autres. Jérôme Bédier insiste sur le fait que le rôle de la grande distribution n’est pas d’être « un ersatz d’OCM». Il prend l’exemple du marché de la pomme. Le marché de l’UE est saturé par des marchés d’importation avec de nouveaux acteurs. « Ce sont des évolutions structurelles », assure Jérôme Bédier. « Nous n’avons pas de leçon à recevoir sur la préférence à la française », souligne Jérôme Bédier. « Je ne suis pas un grand libéral», a lancé Jean-Michel Lemétayer alors que les grands libéraux estiment que la concentration des producteurs est une bonne réponse, a-t-il expliqué. « Ce n’est pas parce qu’on baisse les prix que l’estomac du consommateur s’agrandit !», conclut le président de la FNSEA.