Face à une situation économique qui devient « extrêmement délicate » pour les agriculteurs, suite à un retournement de tendance des marchés, le président de la FNSEA réclame un versement avancé des aides Pac pour soulager les trésoreries. C’est l’une des mesures souhaitées par la FNSEA qui mobilise son réseau le 7 novembre pour une journée nationale d’actions. L’objectif est d’être entendu sur la « réalité » des prix agricoles et des charges auprès du gouvernement, des entreprises et des grandes surfaces.
«On ne préservera pas le pouvoir d’achat des Français sur le dos des paysans », estime Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA. Fort de cette affirmation, la FNSEA lance une journée d’action nationale, le 7 novembre, avec en ligne de mire la conférence agricole sur les revenus du 12 novembre. L’objectif pédagogique de cette action syndicale est de montrer aux parlementaires, aux préfets mais aussi aux entrepreneurs et à la grande distribution que la situation économique des agriculteurs devient « extrêmement délicate » du fait du retournement des marchés et de la forte hausse des charges. « Cette forte volatilité des prix associée à une telle amplitude devient intenable », résume le président de la FNSEA. Dans le cadre de la conférence agricole sur les revenus, le leader syndical compte bien insister sur les nécessaires mécanismes de régulation des marchés. « Nous allons nous battre pour réfléchir à de nouveaux mécanismes de régulation dans le cadre de la présidence française alors que l’on ne nous parle que de ça pour la crise financière », souligne-t-il.
Pas la variable d’ajustement
Deuxième axe d’action : les négociations commerciales qui commencent entre la grande distribution et leurs fournisseurs. « Le discours des distributeurs qui rejettent les hausses de tarifs de leurs fournisseurs est bien connu, commente Jean-Michel Lemétayer. La LME (loi de modernisation de l’économie) a tout fait sauf protéger les PME et les TPE (très petites entreprises) ». Pour le leader syndical, il est clair que « les paysans ne paieront pas deux fois la note ». « Nous ne serons pas la variable d’ajustement », ajoute William Villeneuve, président des Jeunes agriculteurs, dont le réseau participera à la journée du 7 novembre. D’un point de vue de l’installation, ce manque de « lisibilité » pénalise les vocations qui avaient augmenté l’an passé, estime le syndicaliste. Jean-Michel Lemétayer réitérera, à l’occasion de la conférence du 12 novembre, sa demande de mise en place d’un observatoire des prix et des marges. « C’est quand même une meilleure idée que le chariot type de Luc Chatel, secrétaire d’État à la Consommation », a-t-il lancé. Au chapitre des mesures ponctuelles, la FNSEA plaide pour des mesures d’allégement de la TIPP dont les agriculteurs bénéficient depuis 2005 et pour un versement anticipé des aides Pac. « Au moment où on s’empresse d’aider le secteur bancaire, avancer le versement des aides Pac ne coûte rien à l’Europe car il y a de l’argent disponible à Bruxelles », conclut Jean-Michel Lemétayer. « Ce serait un vrai bol d’air » pour les agriculteurs.
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Prix du lait : « Il y a un réel problème » selon Jean-Michel Lemétayer
« On ne peut pas imaginer de telles baisses du prix du lait payé aux producteurs », a résumé le président de la FNSEA et ancien président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), le 28 octobre. « Il y a un réel problème » qui n’est pas sans lui rappeler les négociations en 1997 qui ont abouti au premier accord sur le prix du lait. Il espère que la réunion interprofessionnelle du 30 octobre permettra aux industriels « d’entendre un peu raison ». Ce qui leur donnerait quelques atouts par rapport à leur négociation tarifaire avec la grande distribution, estime-t-il. Pour le président de la FNSEA, « le jeu de la négociation ne doit pas consister à régler seulement la question du prix pour le dernier trimestre 2008 mais il faut anticiper 2009 ». « L’objectif est de travailler sereinement pour le futur en mettant sur la table le sujet de la plus grande réactivité du prix du lait au marché ». Au chapitre de la hausse des quotas laitiers souhaitée par la commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel, « elle est en dehors de toute logique économique », analyse le leader de la FNSEA.