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Filière Jean-Philippe Girard espère un réveil de la filière en 2017

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Lors de ses vœux, Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, a insisté sur les points forts de l'agroalimentaire français et rappelé que la guerre des prix dans la grande distribution continuait de peser sur les marges des entreprises. Décidé à se faire entendre des politiques, il devrait formuler un certain nombre de propositions courant mars. 

À l'occasion de la traditionnelle séance des vœux, Jean-Philippe Girard, président de l'Ania a rappelé le 18 janvier devant un parterre de patrons et autres spécialistes du secteur agroalimentaire, l'importance et le dynamisme du secteur de l'agroalimentaire français. Une filière qui si on additionne l'agriculture, la première transformation, la deuxième transformation et jusqu'à la distribution, pèse "plus de 2,5 millions d'emplois, près de 650 milliards d’euros (15% du PIB !) et 835 000 entreprises et exploitations qui sont l’âme et la vie de nos territoires", a-t-il souligné. Le tout représentant un excédent commercial de plus de 11 milliards d’euros, un vrai atout pour l'économie française.

Des chiffres que Jean-Philippe Girard compte bien rappeler à chaque candidat et futurs élus à l'approche des élections présidentielle, mais aussi législatives et sénatoriales, pour qu'ils soient "encore plus à nos côtés pour faire réussir la France agricole et alimentaire de demain" et qu'ils soient "mobilisés pour nous accompagner dans le grand défi de la compétitivité internationale".

Tout en rappelant le caractère résilient du secteur, le président de l'Ania n'a cependant pas caché l'existence d'un certain caractère d'urgence, estimant qu'il ne fallait pas "attendre que nous soyons dans la même crise qu'une partie de l'agriculture française pour réagir ". "Le redressement des marges dans l'industrie est général, sauf dans l'agroalimentaire", a-t-il rappelé. La faute aux matières premières, mais aussi aux regroupement des centrales d'achat dans la distribution, et des négociations commerciales toujours plus rudes. Recréer de la valeur pour la filière, mais aussi "stopper cette guerre des prix mortifère et ces comportements abusifs" qui perdurent avec la grande distribution depuis plusieurs années, sont au cœur des préoccupations de la fédération cette année encore.

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Des propositions complètes

A propos des négociations commerciales actuellement en cours, le climat reste toujours très tendu dans les box avec de nouvelles demandes de la part des distributeurs, de plus en plus intenables pour les fournisseurs. Rien n'a donc fondamentalement changé, comme en témoigne le nombre de signalement auprès de l'Observatoire des négociations commerciales, mis en place à l'automne 2015 par l'Ania pour s'assurer justement du bon déroulement des joutes dans les box. Au final, en mars 2016, la fédération avait reçu « pas moins de 327 signalements » de pratiques contestables. "L'observatoire est un outil que je veux renforcer cette année", a ainsi déclaré Jean-Phillipe Girard devant quelques journalistes. Décidé à se faire faire entendre des politiques, ce dernier devrait être en mesure de présenter mi-mars un certain nombre "de propositions complètes" visant à sortir la filière de l'ornière et qui "sont en cours de finalisation". "Je suis dur et je serai dur en 2017", a prévenu Jean-Philippe Girard qui compte se rapprocher des agriculteurs et des coopératives pour appuyer ses demandes. 

Pour 2017, le patron de l'Ania a donc lancé un appel à tous, pour "un réveil de la filière" qui tient en quelques phrases : " Cessons de détruire de la valeur, cessons de détruire de l’emploi, de la confiance, cessons de détruire de l’avenir, cessons tout simplement de nous opposer !"