Interpellé le 5 décembre par Philippe Mangin, président de la nouvelle organisation Coop de France, venue se substituer à cette date à la CFCA (Confédération française de la coopération agricole), le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a dit son souhait de voir bâtir, à l’horizon 2007-2010, « un grand plan national pour l’agroalimentaire ».
Comme prévu, la CFCA s’est effacée le 5 décembre au profit d’une nouvelle organisation, baptisée « Coop de France, une force en mouvement » (1). Celle-ci regroupe dans une seule unité politique et de management les fédérations représentant 5 000 entreprises, 13 000 CUMA et 400 000 sociétaires qui engendrent un chiffre d’affaires de 67 milliards d’euros. Dans son allocution, Philippe Mangin, son président, a fait de la conquête de la valeur ajoutée, le « défi impératif » des coopératives. Il les a appelé à « s’organiser et coopérer » pour investir dans la transformation agroalimentaire ou agro-industrielle et pour que leurs « efforts de valorisation de la production ne soient pas anéantis par (leurs) concurrences suicidaires face à la concentration de (leurs) clients… ».
Un amont d’avenir
Dans la foulée de cet appel à l’union et aux alliances, Philippe Mangin a exhorté le Premier ministre à « lancer un véritable plan pour l’industrie agro-alimentaire », qui encourage la recherche et développement, permette de rénover les dispositifs d’aides à la promotion et aux exportations, identifie et accompagne les secteurs porteurs et amène à repenser les modalités d’aides à l’investissement. Le message a été promptement reçu par Jean-Pierre Raffarin, qui, du haut de la tribune, a demandé à son ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, de « préparer un grand plan national pour l’agro-alimentaire ». Si le Premier ministre n’a pas précisé sa pensée plus avant, il a toutefois évoqué les éléments – de recherche, d’innovation, de marketing, d’organisation – à fédérer dans ce projet.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En réponse à une autre préoccupation du président de Coop de France, le Premier ministre a aussi affirmé son souci que la valeur ne soit pas « seulement concentrée sur l’aval ». Le distributeur doit veiller à ce que son amont reste « un amont d’avenir » et accepter de partager ses marges, et ne pas « imposer systématiquement et quelquefois brutalement, ces règles économiques qui sont dures à supporter pour l’ensemble de nos filières ».