Abonné

Vin/Fusion Jeanjean et Laroche donnent naissance à un leader, AdVini

- - 5 min

AdVini, c’est la raison sociale adoptée par les fondateurs du nouveau groupe de vins constitué après la fusion des maisons familiales Jeanjean et Laroche. Pesant plus de 200 millions d’euros, le nouveau leader des vins de qualité en France n’en restera pas là et veut croître encore de 50 % à l’horizon 2015.

Entérinée depuis le 11 janvier, la fusion de Jeanjean et de Laroche se traduit pas une nouvelle entité, AdVini, qui se positionne comme le leader français des vins de qualité. Basé à Saint-Félix de Lodez, dans l’Hérault, le nouveau groupe occupe des positions fortes en grande distribution et à l’exportation. Il possède 1450 ha de vignes, emploie 540 personnes et pèse un peu plus de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 50 % à l’export.
Il est constitué en société anonyme avec un directoire, présidé par Antoine Leccia, et son conseil de surveillance est présidé par Bernard Jeanjean. La famille Jeanjean détient 49 % du capital, la famille Laroche 11 %, un groupe d’actionnaires complétant le noyau dur. Le reste de l’actionnariat, pour environ 35 %, est constitué par des porteurs individuels au marché Euronext de la Bourse de Paris.
Tout en considérant 2010 comme une année de consolidation, AdVini se dit d’ores et déjà prêt à saisir, dans les deux ou trois ans qui viennent, toute opportunité de croissance externe. « L’objectif, dans les cinq ans, est une croissance de 50 % du chiffre d’affaires », avance Antoine Leccia.

Une complémentarité parfaite
L’addition des familles de vin – ce qui a inspiré le choix du nom AdVini – est aussi l’addition de leurs forces permettant des synergies commerciales et des économies d’échelle immédiates grâce notamment à une force commerciale et marketing commune constituée de plus de 80 personnes. Cette centralisation permettra, d’un côté, à Laroche de décupler sa présence terrain, en particulier sur les marchés export, d’autre part, à certaines marques du groupe Jeanjean de bénéficier du réseau sélectif de vente de Laroche. Le nouveau groupe dispose ainsi d’une offre extrêmement large tant pour les consommateurs français qu’à l’international qui représente désormais des centaines de références. La complémentarité est forte entre les vins du Languedoc à petits prix et les chablis haut de gamme, entre Jeanjean qui vend en grandes surfaces et pour moitié en France et Laroche qui exporte 85 % de sa production et a délaissé la grande distribution pour les circuits de la restauration et de l’hôtellerie. Le languedocien a à vrai dire moins souffert de la conjoncture récente qui a vu s’effondrer les marchés internationaux et a mis à mal les débouchés du CHR. Et, sur les 15 dernières années, il avait su grossir et se diversifier en rachetant dans la Vallée du Rhône la maison Ogier-Caves des Papes, en Roussillon la maison Cazes, en Provence Château Gassier, à Cahors Rigal, et en Bordelais la maison Moueix et ses grands crus de Saint-Emilion puis Château Capet Guillier, également à Saint-Emilion. Cette stratégie de montée en gamme trouve son couronnement aujourd’hui avec l’absorption de Laroche, la maison de Chablis ayant plus d’un tiers de ses vignes en grands crus et premiers crus.

Réorganisations sur l’étranger
AdVini hérite aussi dans la corbeille de mariée de deux propriétés étrangères, Vina Punto Alto au Chili (16 ha) et L’Avenir en Afrique du Sud (60 ha). Laroche avait fait ces acquisitions parce qu’il s’agit de marchés qui deviendront stratégiques, mais il leur est nécessaire aujourd’hui de s’appuyer sur des partenaires locaux pour amortir les coûts de production et de commercialisation. Le groupe veut par ailleurs ouvrir des bureaux de représentation à l’étranger et non plus des filiales. Ainsi les dirigeants du nouveau groupe vont tirer un trait sur Cannon Wines, filiale de commercialisation acquise par Jeanjean aux Etats-Unis en 2003.
Sur le plan stratégique, alors que le commerce mondial du vin voit de très grands groupes développer, un peu comme dans le monde de la bière, des grandes marques internationales à fort volume, sans véritable notion d’origine, si ce n’est le cépage, c’est une autre stratégie qu’entend mener le groupe AdVini ; il s’agit plutôt, déclare Antoine Leccia, « de revendiquer des vins de caractère, mettre en avant un art de vivre, une identité, défendre cette exception culturelle à la française de vins authentiques, tout en atteignant la taille nécessaire pour consolider notre position internationale et assurer notre pérennité ».

Augmentation de capital
Sur le plan financier, en préalable à cette fusion-absorption, Jeanjean a acquis auprès de la famille Laroche un bloc de 10,8 % du capital de Laroche SA. Et pour renforcer les fonds propres du nouvel ensemble et financer le rachat de ces actions, le négociant de vin du Languedoc a lancé une augmentation de capital d’un montant de 4,38 millions d’euros, prime d’émission incluse, qui prendra fin le 15 février. De plus, le groupe procède à l’émission d’Oranes (obligation à option de remboursement en actions ou numéraire) d’un montant de 2,60 millions d’euros, pouvant être porté à 3 millions. Les actionnaires détenant plus de 5% du capital de la société ainsi que le management n’entendent pas souscrire à l’augmentation de capital, mais une dizaine d’investisseurs qualifiés et le fonds Agro Invest apporteront 4,5 M EUR, dont 2 millions pour Agro Invest. Enfin, la Banque de Vizille souscrira aux Orane pour 2, 6 M EUR, montant qui pourra être porté à 3 millions selon certaines modalités.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

grande distribution
Suivi
Suivre
distribution
Suivi
Suivre