Pour 600 millions de dollars, la multinationale suisse vient de s’offrir un nouveau protagoniste du marché de la nutrition. Après Uncle Tobys en Australie, Nestlé s’empare de l’américain Jenny Craig, entreprise spécialisée dans la gestion du poids, qui allie une offre de services et de produits grâce à des centres de conseil, qui proposent programmes personnalisés et plats adaptés. Le rachat de cette société, dont le chiffre d’affaires s’élève à plus de 400 M $, renforce de façon significative la division nutrition de Nestlé, ainsi que la présence du groupe suisse sur son principal marché : les Etats-Unis.
Quelques semaines après le rachat d’Uncle Tobys, entreprise australienne de céréales pour petit-déjeuner, snacks et soupes instantanées, bénéficiant d’une excellente réputation dans les domaines de la nutrition et du sport, Nestlé acquiert un spécialiste de la gestion du poids. Pour 600 millions de dollars, le numéro un mondial de l’agroalimentaire s’enrichit auprès d’un groupe d’investisseurs privés incluant ACI Capital et MidOcean Partners, de la société américaine Jenny Craig. L’entreprise, qui propose des produits de régime, réalise un chiffre d’affaires de 400 M $ dans quatre pays où Nestlé est déjà bien présent : Etats-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande. La société américaine offre des programmes personnalisés de gestion du poids adaptés à chaque consommateur. Dans plus de 600 centres de conseil, des spécialistes du poids proposent en effet des programmes individuels et des gammes de plats préparés équilibrés. La société, « bien en vue » sur un marché de gestion du poids de 300 milliards de dollars aux Etats-Unis, conservera un fonctionnement autonome et ne sera pas intégrée dans les structures de Nestlé USA. Même si aucune décision n’a encore été prise, François-Xavier Perroud, porte-parole du groupe, « n’exclut pas que le concept intéressant de Jenny Craig d’associer les produits de régime avec une activité de conseil personnalisé, soit adapté et implanté dans d’autres pays».
Un nouveau secteur d’activité pour Nestlé Nutrition
Avec cette acquisition, la division autonome Nestlé Nutrition, créée en janvier 2006, intègre un nouveau secteur d’activité : la gestion du poids. À eux seuls, les trois premiers secteurs : nutrition infantile, nutrition santé et nutrition de performance, représentaient en 2005 quelque 5 milliards de francs suisses de chiffre d’affaires
(3,2 milliards EUR). Si l’on ajoute à ces produits recherchés exclusivement pour leurs qualités nutritionnelles, comme les PowerBar pour les sportifs ou les laits de croissance Neslac, les produits qui, achetés par exemple pour leur goût, revendiquent certains bénéfices nutritionnels, le chiffre d’affaires du pôle nutrition au sens large s’élève alors à 5 milliards EUR. Et ce chiffre ne risque pas de stagner. La croissance organique du groupe suisse atteint en moyenne 5 à 6% par an, « son pôle nutrition fera mieux », atteste François-Xavier Perroud. Jenny Craig est en tout cas déjà en position de faire mieux. En 2005, la société américaine a atteint une croissance à deux chiffres et ne devrait pas s’arrêter sur sa lancée. L’activité nutrition bénéficiera en outre de 27% des 961 M EUR investis en R&D, soit beaucoup plus que son poids en chiffre d’affaires. « Mais il s’agit d’un des axes de recherche les plus importants » justifie Nestlé.
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Cette acquisition permet en outre à la multinationale suisse de se renforcer sur son principal marché : les Etats-Unis. Les ventes de Nestlé dans ce pays, de loin le plus important, s’élèvent à plus de 16 milliards d’euros. La France, en seconde position, n’atteint que 4,8 milliards, soit un peu plus du quart du marché américain.
Mais dans ce secteur, l’essentiel est sans doute à venir. Si le groupe affiche une préférence pour la croissance interne, les petites acquisitions dans le domaine de la nutrition ne sont pas exclues. « Nous sommes très pragmatiques, et sans nous fixer des rythmes de croissance rigides, nous considérons les opportunités qui peuvent se présenter sur le marché. Nous avons la chance de disposer des moyens de financer notre croissance interne tout comme des acquisitions, nous allons donc regarder comment le marché évolue » précise, prudent, le porte-parole du groupe.