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Négoce de viande Jestin dépose son bilan

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Le ralentissement du commerce mondial des viandes a fait sa première victime chez les entreprises : Jestin, la société finistérienne qui avait introduit le négoce de viande à la Bourse, a été placée en redressement judiciaire le 11 février. Ses activités ont souffert des crises sanitaires qui ont freiné l’import-export des viandes et frappé plus particulièrement les pays où le Breton avait voulu s’approvisionner.

 Les premiers soucis de Jestin datent de la grande crise de fièvre aphteuse qui secoua l’Europe en 2001. Si la France ne connut quasiment pas de foyer, les principaux clients des viandes françaises ont néanmoins eu la réaction de fermer leurs frontières. Le porc est alors le secteur le plus touché, une activité dans laquelle Jestin s’était fait une spécialité. Un coup d’autant plus dur que la France représentait 80 % des approvisionnements de l’entreprise.

Mésaventures au Brésil

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Michel Jestin, le p.-d.g, se tourne alors vers d’autres sources d’approvisionnement. Mais cela ne se fait pas sans coûts puisque les frais de transports nécessitent une trésorerie conséquente. Et puis, il y a la malchance. Le Brésil, devenu une des grandes zones d’approvisionnement de l’entreprise, est frappée à son tour par une épizootie. La maladie d’Aujeszky frappe les élevages de porcs dans la région même où Jestin s’approvisionnait. Puis, la crise de la volaille s’ajouta à celle du porc. Enfin, le contingentement russe sur les viandes importées est venu retirer ces dernières semaines les espoirs que le Finistérien pouvait fonder sur ce débouché.

Dès le milieu de 2002 les difficultés étaient évidentes : fin juin 2002, Jestin avait 7 millions d’euros de dettes financières pour 1,2 million d’euros de capitaux propres. Aujourd’hui, Jestin est en redressement judiciaire assorti d’une période d’observation de six mois. Le p.-d.g. a bien l’intention de redresser l’entreprise en la concentrant sur ses marchés et zones d’approvisionnement traditionnels et sûrs.