Active depuis 2013, Jimini’s vient de boucler sa première levée des fonds d’envergure auprès de BPI France et du Comptoir de l’innovation. Objectif en 2017 : doubler les ventes et mettre au point des protéines texturées pour lancer des substituts de viande à partir de farines d’insectes.
Faire manger des insectes aux Occidentaux, voici l’objectif que se fixe Jimini’s depuis 2013. Malgré la barrière culturelle et le vide juridique autour de l'insertion des insectes dans l’alimentation humaine dans plusieurs pays, la jeune entreprise croit en son développement. Et elle n’est pas seule. « Nous avons bouclé notre première levée de fonds d’envergure pour un montant d’un million d’euros auprès de BPI France et du Comptoir de l’innovation », explique Clément Scellier, cofondateur de Jimini’s avec Bastien Rabastens. Le Comptoir de l’innovation, qui apporte 50% du montant total, est une filiale d’investissement et de conseil du Groupe SOS (groupe coopératif de l’économie sociale) disposant d’un fonds d’impact. « Nous connaissions bien le Comptoir de l’innovation qui nous avait accueilli dans son incubateur de Montreuil », rappelle Clément Scellier.
Des steaks et des boulettes aux insectes
Avec ce financement important, la jeune entreprise qui a réalisé un chiffre d’affaires de 550 000 euros en 2016, va pouvoir développer sa force de vente vers les destinations européennes où elle travaille déjà (Royaume-Uni, Danemark, Suisse), mais surtout démarrer les recherches sur de nouveaux produits. « En mars, nous allons lancer un programme de R&D avec Agro Paris Tech afin de mettre au point des protéines texturées à partir de farines d’insecte », détaille Clément Scellier. L’objectif est d’aboutir à des produits proches des protéines végétales (comme il en existe à partir de soja ou de pois) de plus en plus utilisées par les fabricants de substituts de viande, mais cette fois-ci à partir de farines d’insectes. « C’est une bonne solution qui répond à la demande des consommateurs qui veulent varier leurs sources de protéines et aux enjeux d’une planète peuplée de 9 milliards d’habitants en 2050 », selon le co-fondateur de Jimini’s. « Ces protéines texturées pourraient entrer dans la composition de steacks, de boulettes, et on peut même imaginer des préparations proches du tofu », poursuit-il. Pour cela, le jeune chef d’entreprise veut s’appuyer sur les qualités nutritionnelles des insectes, sources d’acides aminés, de vitamines B12 et de fer. Par ailleurs, le développement de protéines texturées permettrait de lever l’appréhension culturelle des consommateurs pour les insectes entiers, comme c’est le cas avec les barres protéinées déjà mises au point par Jimini’s.
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Un million d’euros de ventes en 2017
Pour se financer depuis le début de l’aventure en 2012, Clément Scellier et Bastien Rabastens ont pu compter sur leurs économies (10 000 euros chacun), des subventions pour 50 000 euros (du CFI, du Cervia et de l’agglomération du Grand Evreux), de l’apport de 80 000 euros d’un business angel et de prêts bancaires pour moins de 100 000 euros. C’est ce qui a permis de lancer les premières fabrications d’insectes déshydratés et assaisonnés. D’Evreux, l’entreprise a ensuite déménagé à Melun dans un atelier où elle transforme ses matières premières élevées en Europe. Son co-fondateur se montre très confiant dans le développement de la consommation d’insectes, notamment auprès des enfants (une étude de New Nutrion Business de 2014 estime que les ventes d’insectes en Europe pourraient atteindre 270 millions d’euros en 2020), et place beaucoup d’espoir dans les nouveaux produits en préparation. Jimini’s vise cette année un chiffre d’affaires multiplié par deux à un million d’euros. Une éventuelle levée de fonds sera programmée en cas d’industrialisation des protéines texturées.