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– La commission de l’environnement et de la sécurité alimentaire du Parlement européen vient de voter le rapport de Renate Sommer sur la proposition de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Quels sont les principaux points de ce vote avec lesquels l’industrie laitière européenne est d’accord et ceux qu’elle rejette ?
Comme nous avons affaire à un important projet législatif comportant plusieurs éléments je pense qu’il est un peu tôt aujourd’hui pour analyser en détail toutes les conséquences possibles de ce vote pour notre industrie. Cependant nos principales préoccupations préliminaires portent notamment sur l’obligation d’indiquer la présence d’acides gras trans sur le dos des emballages, bien que les députés aient eu la sagesse de prévoir une différenciation entre acides gras trans d’origine industrielle et acides gras trans d’origine animale. Nous regrettons aussi que les dispositions nationales et les programmes nationaux en matière d’étiquetage aient été maintenus dans le rapport voté par les députés. Ce maintien va à l’encontre de l’objectif affiché d’un marché unique en Europe et constitue une charge supplémentaire pour les industriels et leur chaîne d’approvisionnement lorsque leurs produits passent les frontières des Etats membres de l’UE et les oblige à se conformer à plusieurs systèmes d’étiquetage différents. L’obligation de mentionner sur les étiquettes le pays d’origine ou le lieu de provenance des produits laitiers ne contenant qu’un seul ingrédient est également extrêmement préoccupante pour l’industrie laitière. Sans avoir une quelconque influence ni sur la sécurité du produit ni sa qualité, cette contrainte impose non seulement un fardeau à l’industrie l’obligeant à différencier ses achats et ses process selon les pays mais implique aussi un énorme effort supplémentaire d’étiquetage, d’administration et de contrôle sans compter par ailleurs que c’est finalement le consommateur qui devra supporter ces surcoûts au bout de la chaîne d’approvisionnement. A ce stade, les aspects les plus positifs que nous voyons dans le vote parlementaire concernent notamment le rejet de l’étiquetage obligatoire fondé sur un code de couleur (bien que par deux voix seulement), le refus de l’obligation d’utiliser sur les étiquettes une police minimale et générale de caractères de 3 mm ainsi que la suppression de l’article relatif aux profils nutritionnels.
– Quelles conséquences concrètes pour l’industrie voyez-vous au fait que les députés aient proposé la mention obligatoire des acides gras trans sur le dos des emballages ?
On ne peut pas prévoir à 100 % les réactions possibles des consommateurs face à une quantité importante de nouvelles informations sur les étiquettes des produits qu’ils achètent. Les consommateurs pourraient toujours penser que les ingrédients qui sont obligés d’être étiquetés doivent être évités ! Obliger à signaler sur l’étiquette la présence d’acides gras trans n’aboutirait souvent qu’à réduire la vision qui devrait être globale sur un aliment et ses éléments nutritifs à quelques uns seulement de ses composants. Rappelons que selon des études récentes, les acides gras trans présents naturellement dans le lait et les produits laitiers n’ont pas d’influence sur les maladies coronariennes, contrairement aux acides gras trans industriels. Un étiquetage obligatoire des acides gras trans pourrait en outre donner un avantage relatif aux produits analogues qui peuvent remplacer des ingrédients laitiers avec des composants non laitiers.
– Quelles seront maintenant les prochaines étapes et priorités de l’industrie dans ce dossier sensible ?
Les enjeux de ce dossier sont très complexes et impliquent aussi bien des aspects politiques que des problématiques liées au marché sans compter la participation des experts scientifiques. Le nombre très important des thématiques à traiter dans le cadre de ce dossier implique que nous devons procéder à des efforts supplémentaires en direction de toutes les parties concernées et en particulier au sein du nouveau Parlement européen. Je pense qu’il est impératif d’expliquer, de discuter des différentes questions et de chercher ensemble la meilleure solution possible. Nous attendons des éclaircissements sur certains points lors de la première lecture en session plénière du Parlement et une chose est sûre nous allons suivre de très près l’évolution de ce dossier.
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