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Congrès de la Confédération paysanne José Bové réussit sa sortie

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Le porte-parole de la Confédération paysanne a achevé son mandat sous les applaudissements nourris des participants au congrès du mouvement. Il rejoindra l'organisation internationale Via Campesina, dont il devrait devenir porte-parole en juin prochain. Le congrès s'est achevé le 8 avril dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg et a rassemblé des participants de plusieurs pays européens, dont les pays d'Europe centrale et orientale. La principale motion adoptée demande l'inscription du concept de souveraineté alimentaire dans la future constitution européenne.

Les adieux de José Bové, salués par une longue «standing ovation», sont sans doute l'événement qui aura le plus marqué le congrès de la Confédération paysanne, qui s'est achevé le 8 avril dans l'hémicycle du Parlement européen. L'occasion de revenir sur une incroyable épopée qui a propulsé le petit syndicat sous les feux médiatiques et permis à plusieurs de ses thèses d'entrer dans le débat public. La mise sur orbite du leader paysan fut d'autant plus surprenante qu'elle n'était pas programmée. Qui se souvient qu'en août 99, à l'époque du démontage du McDo, ce n'était pas lui, mais François Dufour qui était porte-parole du syndicat? « C'est la presse qui a fait de José le porte-parole», se souvient Jean Émile Sanchez, nouvellement élu porte parole, que la presse a d'ores et déjà désigné, malgré ses protestations, comme le successeur de José Bové.

Plus que deux porte parole

Brigitte Allain, dont le mandat de porte-parole a été renouvelé, n'a pas la même aptitude à aimanter les caméra. Quant à Nicolas Duntze, il ne s'est pas représenté. Pour Jean Émile Sanchez, la charge est lourde et il le sait. Car devant les caméras et les micros, José Bové a une nouvelle fois fait la démonstration de son exceptionnel instinct médiatique. A la question « quel est votre meilleur souvenir?» il répond : « Les 300 000 personnes sur le Larzac, trente ans après le premier rassemblement où nous étions 30 000». « Votre plus mauvais souvenir?». Réponse du tac au tac : « Je le dois à Nicolas Sarkozy». Et de raconter cette nuit de juin 2003 où les forces de l'ordre sont venues le chercher en hélicoptère. Plus tard, faisant allusion à «Raffarin III», il interpellera «Gaymard II» pour lui demander l'interdiction des essais OGM en plein champs.

José Bové mettra désormais son talent au service de Via Campesina, une coalition de mouvements paysans des cinq continents dont il devrait devenir l'un des porte-parole lors de l'assemblée générale de Sao Paulo en juin prochain. José Bové continuera à faire profiter le petit syndicat français de son important réseau international.

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L'ouverture sur la société civile

Les nombreux invités qui se sont succédés à la tribune de l'hémicycle, qu'ils viennent de l'étranger ou de la «société civile», ont confirmé la capacité de la Confédération paysanne à fédérer au delà de la paysannerie française. Bernard Cassen, président d'honneur d'Attac, a salué « l'immense mérite de la Confédération paysanne de ne pas être uniquement corporatiste mais d'avoir une vision de la société». Paul Nicholson, délégué de Via Campesina Europe, a présenté le syndicat français comme « un des points de référence les plus fermes dans la lutte pour les agriculteurs et la lutte sociale». Un représentant syndical hongrois, sans doute impressionné par le cadre du Parlement européen, a vanté « la puissance» des moyens de la Confédération paysanne, provoquant l'hilarité générale.

«Prêt à retourner en prison s'il le faut»

C'est donc en toute logique que la motion stratégique, votée en fin de congrès, laisse une large part aux questions internationales. Demandant que la Constitution européenne intègre «le projet de souveraineté alimentaire», la Confédération paysanne «propose aux autres syndicats agricoles européens, en lien avec les organisations du mouvement social, d'intervenir auprès de leurs chefs d'État respectifs pour demander la révision du texte de la constitution soumis à l'approbation du conseil européen en juin». Le syndicat «s'associe le 17 avril à la journée internationale de Via Campesina» et donne rendez-vous le 8 mai pour «une journée nationale d'actions contre les essais de cultures d'OGM en plein champs». «Toutes les parcelles d'essais devront être neutralisées» est-il écrit. Voilà Hervé Gaymard prévenu. D’autant que José Bové, qui reste militant de la Confédération paysanne, s'est dit « prêt à retourner en prison s'il le faut».