« Viandes gris verdâtre dans des charcuteries, moisissures, souris vivantes ou mortes, excréments de souris dans des étuves à chorizo, fromage ramassé à la raclette sur le sol pour en faire du fromage fondu (...) », le tout trouvé dans certains produits premier prix. Cet extrait des conclusions de l'enquête de la Cour des Comptes révélé en exclusivité par le Télégramme fait froid dans le dos. D'autant plus que ce n'est pas la première fois que l'organisme public tire la sonnette d'alarme et dénonce la baisse des contrôles sanitaires et ses conséquences. En juillet 2013, la Cour consacrait à cette dérive une note de 179 pages, restée confidentielle. Dans son rapport annuel présenté en février 2014, le chapitre sur « La sécurité sanitaire de l'alimentation : l'insuffisance des contrôles du ministère de l'agriculture » ne faisait plus que 25 pages.
Difficile d'imaginer qu'entre ces deux dates, rien n'a été fait pour empêcher les fautifs de nuire. Mais comment être certain que les mesures nécessaires ont été prises en temps et en heure? Dans ce même premier rapport de juillet 2013, la Cour des Comptes dénonçait certaines aberrations dans la filière équine, ce qui n'a pas empêché, quelques mois plus tard, que n'éclate le scandale de la viande de cheval.
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Difficile dans ces conditions de ne pas prendre très au sérieux l'avertissement de l'organisme public quand il affirme que « l'offre des produits premiers prix peut paraître attractive, mais leur consommation systématique, par une popula-tion croissante, pourrait avoir, à terme, des réper-cussions sur la santé publique ». Et encore plus difficile, cette fois, de dire que personne n'était au courant.