Le brasseur japonais, qui annonce un bénéfice net exceptionnel pour 2016 à 977 millions d'euros, vend sa brasserie brésilienne en raison d’un marché difficile, mais place de grands espoirs en Asie, avec des acquisitions en Birmanie et au Vitenam.
« Difficile de transformer Brasil Kirin en une activité rentable » : le « jugement » de Kirin est tombé lundi 13 février avec l’annonce de la cession de son activité de brasserie au Brésil. « Au vu des risques associés à l'économie brésilienne et de la situation concurrentielle sur un marché en stagnation », Kirin a préféré jeter l’éponge en cédant l'ensemble de ses parts dans Brasil Kirin à Bavaria, entité de Heineken, pour un montant de 2,2 milliards de réals brésiliens (660 millions d'euros). Cette cession, qui intervient après la confirmation en janvier de discussions entre les brasseurs japonais et européen (Agra alimentation du 25 janvier 2017), sera concrétisée dès réception de l'approbation des autorités de la concurrence brésiliennes.
Kirin avait fait son entrée au Brésil en 2011 via l'acquisition du deuxième brasseur local, Schincariol, pour 300 milliards de yens (2,5 milliards d'euros). Mais le marasme économique a durci la compétition dans le pays, troisième marché de la bière au monde derrière la Chine et les Etats-Unis.
Kirin croit en son avenir asiatique
Le groupe japonais place de grands espoirs en Asie, avec l'acquisition de 51% de Mandalay Brewery situé dans le nord de la Birmanie, via sa filiale de Singapour, un investissement d'un montant de 4,3 millions de dollars. Les 49% restants sont détenus par la firme d'investissement Myanma Economics Holdings Limited (MEHL).
Kirin renforce ainsi sa présence dans ce pays un an et demi après s'être emparé de 55% de Myanmar Brewery Limited, qui contrôle 80% du marché de la bière. Avec cette nouvelle opération, il s'en arroge 90%, selon les chiffres du quotidien économique Nikkei.
"Kirin va s'efforcer de solidifier son activité en Asie du sud-est, où les ventes de bière sont en expansion, afin de faire de cette région un moteur de croissance", souligne le groupe, déjà présent aux Philippines à travers le brasseur San Miguel Brewery.
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Il a également des vues sur Saigon Beer Alcohol Beverage, connu sous le nom Sabeco, fleuron vietnamien qui produit la bière "Saïgon", rapportait le Nikkei ce week-end. Le régime communiste, qui s'est lancé dans un vaste programme de privatisation, a prévu d'ouvrir prochainement aux investisseurs privés le capital du groupe.
A l'instar des autres groupes japonais de boissons et d'alimentation (Suntory, Asahi notamment), Kirin cherche à étendre ses activités à l'extérieur pour compenser la baisse prévue de la consommation dans un Japon vieillissant.
Au Japon justement, la firme avait dit en octobre 2016 envisager un partenariat avec le géant américain des boissons fraîches Coca-Cola. Les négociations ont échoué sur le volet capitalistique, a annoncé le 13 février Kirin qui poursuit cependant "les discussions sur une éventuelle alliance opérationnelle".
Résultat historique en 2016 grâce à l’Australie
En 2016, Kirin a affiché un bénéfice net de 118,16 milliards de yens (977 millions d'euros au cours actuel). Ce résultat historiquement élevé, qui s'explique par des revenus exceptionnels de sa marque Lion en Australie, devrait retomber de 42% en 2017, à 68 milliards de yens.
Le résultat d'exploitation est attendu pour sa part en petite hausse (+0,8%) à 143 milliards de yens, après avoir augmenté de 13,7% en 2016 malgré un chiffre d'affaires en repli de 5,5%, à 2075 milliards de yens, du fait de moindres ventes de bières et d'effets de change défavorables. Kirin espère un redressement cette année, misant sur des recettes en progression de 1,2% à 2100 milliards de yens.