Le leader du biocontrôle Koppert suit un plan stratégique qui vise à doubler de taille d'ici à cinq ans, en s'appuyant sur le plein champ. Spécialiste des cultures sous abris, l'entreprise familiale s'efforce de diversifier ses débouchés.
« Le plein champ sera l'axe de développement du biocontrôle dans les années à venir », considère Frédéric Favrot, directeur général de Koppert France. Partant du constat que « le marché des serres est mature », le pionnier du secteur a une stratégie toute tracée. Son objectif est de doubler de taille pour atteindre 20 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2020.
Koppert France, filiale d'un groupe néerlandais, revendique 50 % du marché des serres. Le leader du biocontrôle s'est imposé via la production et la commercialisation de macro-organismes et pol-linisateurs jusque dans les années 2000. Puis en étendant sa gamme grâce à un programme de recherche et de diversification. « L'idée est d'aller vers le plein champ pour ne pas se cantonner aux serres et tunnels avec les macro-organismes », explique-t-il. C'est ainsi que des micro-organismes et solutions naturelles, notamment à base de phéromones, d'extraits de végétaux, sont apparus au catalogue. « Notre approche est plus globale en misant sur la stimulation de la plante, le rééquilibrage du milieu », précise Frédéric Favrot.
L'activité historique de Koppert autour des cultures sous abris pèse aujourd'hui 70 % du chiffre d'affaires de 10 millions d'euros réalisés dans l'Hexagone. Mais son taux de croissance, qui atteint 15 % cette année, repose essentiellement sur les espaces verts (15 % des ventes) – un segment qui anticipe l'interdiction des phytos dans les jardins publics – ,le plein champ (10 %), l'élevage (5 %), le grand public. « En dehors du marché des serres, en particulier celles à haute technologies pour les tomates, concombres et autres fraises, le biocontrôle en est à ses prémisses », reconnaît-t-il. Concernant le plein champ, Koppert vise en premier lieu un développement en vigne, arboriculture, légumes.
Impasses techniques
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Le biocontrôle va se développer surtout parce qu'il existe des impasses techniques, poursuit Frédéric Favrot. En cause, la raréfaction des solutions phytosanitaires, les mesures d'interdiction, des problèmes de toxicité. Ces impasses obligent l'exploitant à trouver des alternatives. »
Koppert se pose en partenaire des agriculteurs dans le cheminement vers une autre gestion sanitaire des cultures. L'entreprise défend un concept agronomique, une approche holistique (globale) de la plante. Elle propose un ensemble de solutions naturelles, notamment des micro et macro-organismes, phéromones, qui visent la stimulation, la protection des cultures, en agissant au niveau racinaire, foliaire. Parmi les exemples les plus connus figurent les champignons microscopiques, comme le trichoderma dont les fonctions symbiotiques améliorent les échanges entre la plante et le sol.
« Il y a cinq ans, aucun produit de biocontrôle n'était disponible en plein champ, indique-t-il. Des solutions commencent à arriver, pas partout, ni pour toutes les cultures ou toutes les conditions. » Koppert les voient se développer dans les cinq ans à venir en légumes, arboriculture, vigne. Son mot d'ordre est de « produire plus et plus sainement ». Les grandes cultures sont également visées, mais en considérant que le biocontrôle mettra des décennies à s'y développer. « En céréales, une éducation au biocontrôle est à mettre en place, estime Frédéric Favrot. Il s'agit notamment de réapprendre comment le sol fonctionne. Un retour en arrière s'impose, pour acquérir un nouvel état d'esprit et redécouvrir l'agronomie. »