Le géant du café Kraft Foods, propriétaire en France des marques Jacques Vabre, Carte Noire ou encore Café Grand’Mère commercialisera prochainement « Un café pour agir ». Un produit au nom engagé qui s’inscrit dans le cadre de son partenariat avec l’ONG Rainforest Alliance. La totalité des grains utilisés pour sa confection seront certifiés provenir de producteurs respectant la charte pour l’agriculture durable.
Les cafés vendus avec un label « agriculture durable » ou « commerce équitable » représentent à peine plus de 1% du marché mondial. Une niche que Kraft Foods pourrait aider à faire grandir. La firme américaine s’apprête à lancer sur le marché français le premier café de grande marque, conçu exclusivement à partir de grains certifiés. Ce produit innovant constitue l’aboutissement d’une politique menée en collaboration avec Rainforest Alliance depuis deux ans. Le paquet de 250 grammes sera affiché dans le commerce autour de 2,85 euros. Un prix, de 20 à 30 centimes supérieur à celui des cafés traditionnels mais meilleur marché que ceux provenant du commerce équitable, vendu au-dessus de trois euros. Contrairement à ces derniers « Un café pour agir » profitera de l’essentiel des 18 000 points de vente de Kraft Foods France.
L’agriculture durable garantit l’approvisionnement
L’industriel estime entre 8 et 12 centimes de dollar par tonne, le surcoût consenti pour acheter le café contrôlé par Rainforest Alliance : un investissement au vu des bénéfices qu’il espère en retirer. Outre l’aspect éthique, Kraft Foods perçoit dans le label de cette ONG d’origine américaine des garanties économiques. « Une meilleure gestion des ressources permet d’assurer la pérennité de la production, donc pour nous de sécuriser notre chaîne d’approvisionnement», explique Bruno Luisetti, p.-d.g. de Kraft Foods France. L’exemple de la forêt de Bonga en Ethiopie illustre parfaitement ses propos. La zone, protégée par Rainforest, abrite des caféiers sauvages dont le grain, d’une qualité rare, se revend au prix fort sur le marché. Dans d’autres forêts du pays, ces arbres ont été abattus pour le commerce du bois de chauffage, une manne éphémère et bien moins lucrative. De même les conditions de travail et de sécurité imposées aux exploitants incitent les salariés à se stabiliser, garantissant ainsi une main d’œuvre expérimentée et suffisante.
Collaboration fructueuse entre ONG et entreprises
« Le travail des ONG est trop souvent présenté comme incompatible avec celui des entreprises. Avec Rainforest Alliance, nous tentons de démontrer le contraire, explique Bruno Luisetti, un partenariat scellé autour de trois grands axes : un fonctionnement rentable, des garanties pour les producteurs et leurs salariés et la préservation des écosystèmes concernés. » Au Pérou, où les méthodes de l’agriculture durable sont bien implantées, 200 000 caféïculteurs ont vu leurs revenus augmenter et les exportations de café du pays s’accroître « de 30 à 40 %. »
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Si leurs philosophies sont voisines, Bruno Luisetti tient à éviter la confusion entre « agriculture durable » et « commerce équitable ». « Pour un groupe de la dimension de Kraft Foods, l’agriculture durable est plus adaptée. Les exploitants s’assurent des revenus décents par la qualité de leur café mais sans pour autant vendre à prix fixe. En considérant les fluctuations du marché, leur entreprise devient plus viable dans le temps. »
Kraft Foods mise sur la sensibilité citoyenne croissante des consommateurs mais aussi sur l’assurance d’un café de qualité dont la production se veut contrôlée et transparente.