L'américain Kraft Heinz qui projetait de racheter Unilever pour 143 Mrd$ (135 Mrd€) a renoncé à son projet en concertation avec le groupe néerlandais. Les analystes estiment pourtant que Kraft Heinz n'a pas dit son dernier mot.
Deux jours après son offre de rachat sur Unilever, le groupe américain Kraft Heinz a fait machine arrière. Le 17 février, il avait approché son concurrent anglo-néerlandais en vue d'une fusion pour créer un géant dans les biens de consommation. Cette offre qui valorisait l'entreprise à 143 Mrd$ (134,28 Mrd€) soit 50 dollars par action, représentait une prime de 18% par rapport au cours de clôture du 16 février. Une proposition jugée trop faible par Unilever qui précisait dans un communiqué qu'elle "n'a aucun intérêt, qu'il soit financier ou stratégique, pour les actionnaires" et qui l'a donc rejetée. Kraft Heinz, qui semblait initialement prêt à batailler pour trouver un accord sur les termes de la transaction, s'est donc finalement rétracté. Dans un bref communiqué les deux groupes ont indiqué le 19 février que Kraft Heinz acceptait "à l'amiable" de renoncer à créer un mastodonte mondial de la grande consommation en rachetant l'anglo-néerlandais Unilever. "Unilever et Kraft Heinz se tiennent respectivement en haute estime. Kraft Heinz a le plus grand respect pour la culture, la stratégie et la direction d'Unilever", assure encore leur texte commun. De quoi entrainer des dégagements sur Unilever à la Bourse le 20 février, après sa hausse du vendredi précédent. Mais certains analystes estiment que tout n'est pas perdu. "On peut imaginer que le groupe américain reviendra à la charge un jour, mais pas forcément sur tout le périmètre, peut-être uniquement sur la partie alimentaire d'Unilever, ce qui pourrait offrir à ce dernier l'occasion de se restructurer en profondeur", relèvent ainsi les stratégistes du courtier Aurel BGC.
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Les deux groupes ne pèsent pas le même poids. Kraft Heinz (marques Heinz, Oscar Mayer, Philadelphia, Maxwell...) affiche un chiffre d'affaires de 26,5 milliards de dollars (24,9 Mrd€) et Unilever de 52,7 Mrd€. Ce dernier est présent dans l'agroalimentaire (Alsa, Knorr, Ben & Jerry's, Bertolli, Amora, Carte d'Or, Lipton...), et les produits d'hygiène et d'entretien (Axe, Rexona, Signal, Dove, Omo, Skip et Persil...). Né en 2015 de la fusion de Heinz et Kraft Food, Kraft Heinz est majoritairement contrôlé par l'américain Warren Buffett et l'helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann, à la tête du fonds d'investissement 3G, alors que le capital d'Unilever n'est pas verrouillé.