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Kraft Heinz traverse une très mauvaise passe

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À la suite d’une dépréciation d’actifs, l’américain Kraft Heinz annonce une perte sur les trois derniers mois de l’exercice 2018. Les analystes mettent en cause la politique de réductions des coûts menée au détriment d’investissements dans des produits correspondant aux attentes des consommateurs. Au global sur l’ensemble de l’exercice écoulé, le groupe affiche une perte nette de 10,3 Mrd€ (9,064 Mrd€), contre un bénéfice net de 10,99 Mrd€ en 2017 (9,67 Mrd€).

À la suite d’une dépréciation d’actifs, l’américain Kraft Heinz annonce une perte sur les trois derniers mois de l’exercice 2018. Les analystes mettent en cause la politique de réductions des coûts menée au détriment d’investissements dans des produits correspondant aux attentes des consommateurs. Au global sur l’ensemble de l’exercice écoulé, le groupe affiche une perte nette de 10,3 Mrd€ (9,064 Mrd€), contre un bénéfice net de 10,99 Mrd€ en 2017 (9,67 Mrd€).

Plombés par une grosse dépréciation, les comptes de Kraft Heinz sont passés dans le rouge au quatrième trimestre de l'exercice 2018. Le géant américain a annoncé le 22 février 2019 une perte nette de 12,6 Mrd$ (11,08 Mrd€) sur les trois derniers mois de l'exercice écoulé (contre un bénéfice de 8 Mrd$ à la même période de 2017), à la suite d'une charge exceptionnelle de 15,4 Mrd$ (13,55 Mrd€). Le groupe a procédé à une dépréciation de certains actifs et notamment sur ses marques phares : Kraft et Oscar Mayer. Le groupe subit le contre-coup des changements de goût des consommateurs, qui se soucient de plus en plus des questions de santé et se tournent plus souvent vers les produits frais au détriment des aliments transformés. Sinon, l’Ebitda marque un recul de 13,9 % sur ces trois mois à 1,7 Mrd$ (1,49 Mrd€) pour un chiffre d’affaires de 6,9 Mrd$ (+0,7 %). "La rentabilité n’a pas été à la hauteur de nos attentes en raison d’une combinaison d’inflation imprévue des coûts et d’économies moins importantes que prévu", a déclaré Bernardo Hees, directeur général de Kraft Heinz. Au final, sur l’ensemble de l’exercice 2018, Kraft Heinz affiche une perte nette de 10,3 Mrd€ (9,064 Mrd€), contre un bénéfice net de 10,99 Mrd€ en 2017 (9,67 Mrd€).

Le groupe a par ailleurs indiqué avoir reçu en octobre 2018 des demandes d’informations de l’autorité américaine des marchés, la SEC, qui a ouvert une enquête sur ses approvisionnements, "plus précisément ses pratiques comptables, ses procédures et contrôles internes liés à ses approvisionnements".

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Une stratégie qui a montré ses limites

Kraft Heinz est contrôlé depuis la fusion en 2015 des groupes Heinz et Kraft Foods par les milliardaires helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann, via le fonds d’investissement 3G, et américain Warren Buffett (25 % du capital de la société). Sa stratégie repose sur la baisse des dépenses, le "zero budgeting" comme moyen de préserver ses marges. Une cure d’austérité drastique qui montre aujourd’hui ses limites et fait l’objet de nombreuses critiques dans les milieux financiers. "Et si la stratégie de serrage de ceinture de 3G était allée trop loin et avait nui aux marques ? ", s’interroge Kenneth Goldman, analyste chez JPMorgan. "Les réductions intensives de coûts vont, sur la durée, nuire aux marques", conclut l’expert. "Tout ce qu’ils ont fait, c’est de baisser les coûts au moment où les compagnies concurrentes telles que Danone et Nestlé investissaient dans les produits qui correspondent plus à la demande du public actuellement", renchérit Gregori Volokhine chez Meeschaert. À noter que même s’il concède avoir payé trop cher pour Kraft Heinz, Warren Buffett affirme qu’il n’a pas l’intention de vendre sa participation.

Kraft Heinz envisage de se débarrasser des marques défaillantes, un toilettage en vue d’une potentielle fusion avec un autre géant, synonyme de nouvelles économies, via des synergies, afin de doper les bénéfices. En 2017, il avait fait machine arrière après avoir envisagé une fusion avec Unilever, un projet valorisant l’entreprise à 143 Mrd$ (135 Mrd€), qui n’avait pas rencontré le succès escompté.

s consommateurs se détournent des aliments transformés