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Bière/Cession Kronenbourg passe sous pavillon danois

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Au bout de quatre tentatives, Carlsberg et Heineken ont réussi à s’emparer du britannique Scottish & Newcastle pour un montant de 10,5 milliards d’euros. Au terme de l’OPA amicale, qui devrait être bouclée au deuxième trimes-tre 2008, Carlsberg prendra 56 % de Scottish & Newcastle, comprenant Kronenbourg et la bière russe Baltika, tandis que Heineken recevra les 44 % restants. Ils doivent toutefois encore obtenir l’autorisation des autorités de la concurrence.

Le danois Carlsberg et le néerlandais Heineken ont finalement eu raison de Scottish & Newcastle. Ce dernier a accepté de vendre ses activités pour 800 pence par action, soit 7,8 milliards de livres (10,5 milliards d’euros). Les deux brasseurs vont ainsi lancer une OPA amicale sur le britannique. L’opération devrait être finalisée au cours du deuxième trimestre 2008. Comme évoqué dans notre numéro de la semaine dernière Cf Agra alimentation n°2004 du 24/01/2008 page Une, les deux repreneurs se répartiront les activités de Scottish & Newcastle. La marque leader du marché français de la bière, Kronenbourg, avec 35 % de parts de marché, va ainsi passer dans le giron de Carlsberg. Le danois récupérera également les activités grecques, chinoises et vietnamiennes du britannique, ainsi que sa participation de 50 % dans la coentreprise BBH, dont il détient déjà l’autre moitié. Cette opération devrait hisser Carlsberg de la cinquième à la quatrième place mondiale. Le danois entend même doubler à terme l’actuel numéro un européen, à savoir son partenaire dans cette acquisition, Heineken, en acquérant notamment des brasseries en Europe de l’Est.

Le néerlandais récupérera, quant à lui, les activités en Grande-Bretagne, où Scottish & Newcastle est numéro un, en Irlande, au Portugal, en Finlande, en Belgique, aux Etats-Unis et en Inde. La cession comprend une participation de 37,5 % dans le numéro un indien du marché de la bière, United Breweries. Il achètera à Carlsberg une licence pour continuer d’exploiter la marque Kronenbourg au Royaume-Uni. Heineken s’offre également un accès au marché britannique du cidre avec une possibilité de l’exporter dans d’autres pays.

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Inquiétude des syndicats

Les deux repreneurs se sont montrés plutôt évasifs concernant les éventuelles réductions d’effectifs, ce qui inquiète les syndicats, notamment ceux des brasseries Kronenbourg qui comptent 1 600 salariés. « Nous changerons de patron, mais pas d’objectif final : le résultat financier avant tout. Donc nous restons inquiets pour l’emploi », a déclaré André Thillard, délégué central CGT de Kronenbourg. De son côté, la CFDT a souligné qu’elle resterait vigilante concernant les emplois du siège à Strasbourg. « Nous saluons plutôt positivement cette reprise du fait du profil de Carlsberg, groupe à très longue tradition brassicole. Mais nous serons très attentifs au maintien des acquis sociaux », a précisé Eric Scheidecker, secrétaire CFDT du comité central d’entreprise des Brasseries Kronenbourg.