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RÉSULTAT/BRASSERIE Kronenbourg satisfait des performances de ses innovations

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Kronenbourg (la société abandonne l'appellation Brasseries Kronenbourg) a profité, comme ses concurrents, d'une reprise inattendue du marché de la bière en France en 2014. Le chiffre d'affaires du brasseur, filiale de Carlsberg, s'est élevé à 976 millions d'euros sur le dernier exercice, en progression de 4,7 %. Mais au niveau du groupe, la situation de la Russie pèse sur la performance.

Kronenbourg préfère communiquer sur les performances de ses innovations que sur celle de la Kronenbourg classique. Le groupe s'est ainsi montré très satisfait, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 18 février, des performances de K by Kronenbourg (0,3 % de part de marché volume sur l'année) et de la bonne tenue de Skoll, lancée l'année précédente, qui progresse de 0,1 point (0,3 % de part de marché volume également). Au global, le groupe met en avant une part de marché volume de 28,6 % (hard discount inclus) pour l'ensemble de ses marques. La part de marché de Kronenbourg et de ses déclinaisons à 14,8 %, se stabilise (-0,1 point). 1664, qui pèse 9 % du marché, gagne 0,3 point et Grimbergen passe de 2 à 2,6 % de part de marché.

LA VALORISATION PEUT-ELLE INVERSER LA TENDANCE DU MARCHÉ ?

Satisfait de la bonne santé du marché de la bière en 2014 (+4,8 % en volume en GMS, stabilité en CHD, soit une croissance totale de 2,9 %, selon les chiffres retenus par le brasseur), Marc Vermeulen, p.-d.g. de Kronenbourg, veut croire à un retournement du marché, qui décroît de 1 % par an en moyenne depuis plus de deux décennies. « Le nombre de foyers consommateurs a augmenté, et on constate une forte accélération sur certaines catégories, moins amères et plus goûteuses », a-t-il expliqué lors du point presse. Le développement des micro-brasseries participe pour lui du même renouveau.

KRONENBOURG CROIT À LA BIÈRE SANS ALCOOL

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En toute logique, c'est sur les autres segments que celui de la bière classique que Kronenbourg a développé des innovations pour 2015. Le groupe compte manifestement beaucoup sur Tourtel twist, une bière au jus et arômes de fruits à 0 % d'alcool, pour séduire les petits consommateurs de bière. Dans le même esprit, il lancer une Kronenbourg au jus d'agrumes. Enfin, le groupe lance une nouvelle tentative pour redonner à Kronenbourg ses lettres de noblesse. Il lance ainsi en CHD Kronenbourg Tigre Bock, d'après une marque puisée dans l'histoire du groupe.

LE GROUPE SOUFFRE DE LA SITUATION EN RUSSIE ET EN UKRAINE

En 2014, le groupe Carlsberg a réalisé un chiffre d'affaires quasi-stable de 64,5 milliards de couronnes danoises (8,6 milliards d'euros, + 2 % en comparable). Mais la rentabilité du groupe s'est effritée, avec une marge opérationnelle à 14,3 %, contre 15,1 % sur l'exercice précédent, que le groupe explique notamment par l'impact des taux de change (grivna et rouble) et par les difficultés du marché russe. La Russie est le pays le plus important du groupe danois rappelle l'AFP. Or Carlsberg, qui vend 38 % de la bière consommée par les Russes, estime que le volume global du marché s'est contracté de 7 % dans l'année, presque autant qu'en Ukraine (-8%). Le résultat net de Carls-berg, à 5,5 milliards de couronnes danoises (737 millions d'euros), recule de 4,8 %. Pour 2015, le groupe prévoit des développements positifs en Europe occidentale et en Asie, mais annonce que la situation en Russie et en Ukraine met une forte pression sur la performance du groupe. Un nouveau directeur général prendra la main, puisque Jørgen Buhl Rasmussen prend sa retraite. Il sera remplacé en juin par Cees't Hart, jusqu'ici directeur général de FrieslandCampina. 

12 MILLIONS D'EUROS D'INVESTISSEMENTS À OBERNAI

La brasserie de Kronenbourg, à Obernai (67), va bénéficier de 12 millions d'euros d'investissements cette année, notamment pour diversifier les emballages. « Le site a été conçu pour produire des volumes importants sur une faible nombre de marques, explique Marc Vermeulen, le p.-d.g. Le rendre plus polyvalent est un enjeu important pour nous. »