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L214 dénonce l’abattage de vache gestante et des maltraitances à l’abattoir de Limoges

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Une nouvelle vidéo de l’association L214, dénonçant notamment l’abattage de vaches gestantes, a été publiée sur internet le 3 novembre à la suite d’images tournées dans l’abattoir de Limoges.

L’association L214 a mis en ligne sur son site internet, le 3 novembre, une vidéo dénonçant l’abattage de vaches gestantes. La vidéo, présentée par l’actrice Vanessa Wagner, provient de deux employés de l’abattoir de Limoges, selon l’association. L’un des deux, Mauricio Garcia-Pereira, immigré espagnol de 47 ans qui a grandi dans une ferme, a accepté de témoigner à visage découvert à l’AFP et pour le quotidien Le Monde. Il y exprime toute la difficulté de son travail et la crainte d’être licencié. Les images tournées entre mai et septembre montrent l’ouverture d’utérus et de placentas avec le tri des fœtus âgés parfois de plusieurs mois (cinq mois et plus), dans un bain de liquide amniotique. Si la pratique est légale, il est cependant possible d’observer sur la vidéo un veau présentant une pigmentation complète et un duvet sur le ventre, ce qui montre un animal d’au moins 8 mois (1). Or, « il est interdit de transporter des vaches au-delà du huitième mois de gestation », selon Brigitte Gothière, porte-parole de l’association L214. La législation européenne interdit en effet le transport des animaux « à compter de 90 % du terme de la gestation, ce qui équivaut à huit mois pour une vache », précise-t-on au ministère de l’Agriculture. « Le transport est interdit à partir de huit mois, ce qui empêche de fait d’avoir un abattage à partir de ce moment-là », analyse-t-on de même source, sans être en mesure de dire si l’abattoir municipal de Limoges a enfreint cette disposition législative.

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L’association L214 a également porté plainte contre l’abattoir municipal de Limoges pour des « infractions répétées à la réglementation dans l’abattage et mauvais traitements sur animaux ». L’association reproche à l’abattoir un taux « inacceptable » d’étourdissements ratés sur des vaches et des cochons, ainsi que « l’utilisation de l’aiguillon électrique de façon systématique et sur des endroits qui sont interdits par la réglementation », selon Brigitte Gothière. Sur la vidéo de quelques minutes, il est notamment possible de voir un employé utiliser l’aiguillon sur la tête d’un bovin et l’enfoncer à deux reprises dans l’œil de l’animal. Face à cette vidéo, Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, s’est exclamé le jour même : « Bientôt, il faudra se cacher pour manger de la viande ! L214 est une entreprise qui va détruire l’élevage français ! ». Il évoque la colère des éleveurs face à ces images. « Je me dis qu’à un moment donné le citoyen se rendra compte du juste milieu » à trouver entre ces images et la réalité du travail de la filière. Il évoque des éleveurs avec leur famille, en grande difficulté économique dont tout le monde se moque, notamment la Commission européenne.

(1) Chronologie du développement du conceptus bovin (d’après BARONE (2001a), BLIN et FOURNIER (1963)).