L’association abolitionniste accuse l’entreprise Chevenet de « mauvais traitement » sur son cheptel de 2 000 chèvres. De nombreux magasins ont retiré les fromages du producteur de la vente.
« Chevreaux à l’agonie abandonnés sans soins, élevage zéro pâturage, chèvres enfermées par milliers, coups de bâton, système intensif… » L’association L214 a porté plainte, le 26 octobre, auprès du tribunal de Mâcon pour « mauvais traitement » et « pratiques commerciales trompeuses » à l’encontre du « premier producteur européen de fromage de chèvre fermier ». Le collectif abolitionniste explique avoir été alerté par deux salariés saisonniers ayant travaillé cet été sur l’exploitation de Saône-et-Loire appartenant à l’entreprise Chevenet. Il dénonce, vidéos à l’appui, des conditions d’élevage « déplorables ». « Des dizaines de ces chevreaux meurent chaque jour, souvent après une longue agonie », affirme L214. D’après les témoignages des saisonniers, les chèvres n’auraient qu’une cour bétonnée pour seul accès extérieur.
L’entreprise se défend
Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’entreprise Chevenet dénonce une « manipulation des images obtenues à travers des montages et une mise en scène qui ne reflète pas la réalité ». Elle assure faire tout son possible pour « protéger la vie des chevreaux » lors des canicules intenses comme celle de l’été dernier, période durant laquelle ont été tournées les images diffusées par L214. « Malheureusement, et malgré tous nos efforts », ces canicules « peuvent être fatales pour les animaux, comme pour les hommes », ajoute l’entreprise.
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L’entreprise Chevenet produit « quatre millions de fromages chaque année » sous les marques Grandjean, le Chevrier des Crays et Chevenet, dont une partie sous AOP. « Les conditions de vie misérables des animaux sont en décalage évident avec la communication de l’entreprise », dénonce L214, qui demande aux clients, distributeurs comme restaurateurs étoilés, de « se détourner des produits provenant des exploitations qui exercent les pires pratiques d’élevage ». Contactées par les activistes, les enseignes Carrefour, Monoprix, Auchan, Système U et Grand Frais ont suspendu leurs approvisionnements.
« Les pratiques mises en évidence par la vidéo transmise ce jour par L214 sont inacceptables, contraires aux valeurs de Carrefour et à nos règles très strictes en termes de bien-être animal », assure de son côté le distributeur Carrefour. L’enseigne a pris la décision d’interrompre ses approvisionnements et de retirer de ses rayons les produits concernés. La Coordination rurale (CR) « regrette » la décision des distributeurs, en l’absence de décision judiciaire, estimant que L214 est « une association malveillante, représentant une minorité, et dont le procédé, désormais bien connu, a pour but d’ériger les éleveurs en bourreaux et tortionnaires ». Rencontré par L214, le grossiste Metro n’a pas réagi, mais a retiré le portrait de l’éleveur de la page internet présentant les « producteurs locaux » avec lesquels Metro collabore.