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Port de Rouen La baisse des cours du blé due avant tout à l’euro surévalué

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La déprime des cours du blé français est due avant tout à l’euro surévalué, a expliqué l’économiste-historien Philippe Chalmin, lors de la 25e journée « céréales » du port de Rouen, qui s’est tenue le 6 mai. Un retour de l’euro à des niveaux plus conformes à sa réalité économique relancerait le marché, d’autant plus que la demande chinoise continue à soutenir les prix des matières premières.

Graphiques à l’appui, Philippe Chalmin a expliqué lors de la 25e journée « céréales » du port de Rouen que la déprime des cours du blé français s’explique principalement par la surévaluation de l’euro par rapport au dollar. Selon Philippe Chalmin, si les céréales cotées à Chicago étaient exportées en euro, elles connaîtraient la même dévaluation. Or elles sont exportées en dollar, cause des malheurs de la céréaliculture européenne.

La crise grecque peut soutenir le marché du blé
Déjà, « grâce aux Grecs, les cours des matières premières remontent ! », a lancé l’orateur. En effet les produits de la zone euro retrouvent un peu de compétitivité par rapport au dollar. « La ville de Rouen devrait ériger une statue grecque sur une de ses places », a-t-il plaisanté.
Mais l’euro est encore sur-évalué par rapport au dollar. Il valait 1,2750 dollar le 5 mai, alors que sa valeur devrait être de 1,15 à 1,20 dollar, selon le spécialiste des matières premières. D’autres économistes vont plus loin, estimant que la solution à la crise monétaire serait carrément la parité d’un dollar pour un euro. En tout cas, si comme on semble y tendre, l’euro se rapprochait du dollar, le marché du blé bénéficierait de la demande chinoise, qui s’exerce sur toutes les matières premières alimentaires, qu’il s’agisse du blé, du soja ou du maïs.
La dynamique du marché mondial pourrait reprendre, parce que la Chine pourrait vouloir importer pour constituer des stocks et parce que la production mondiale de blé diminue d’année en année : 686 millions de tonnes en 2008, puis 675 en 2009, enfin 659 prévus en 2010, selon l’économiste.

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