Si la proposition de réforme du règlement sucre répond à certaines demandes des planteurs de betteraves, a expliqué le président de la CGB à l’issue de son entretien avec le ministre sur ce sujet, le 23 mai, il n’en reste pas moins que la proposition est jugée inacceptable. Elle engendrera en effet une baisse de revenu et une désorganisation du marché du sucre de l’Union européenne.
Suite aux informations parues dans la presse sur le projet de réforme de l’Organisation commune de marché du sucre, Dominique Ducroquet et Alain Jeanroy, respectivement président et directeur général de la CGB, Confédération générale des planteurs de betteraves, ont immédiatement sollicité un entretien avec le ministre de l’Agriculture pour lui faire part de leur inquiétude. « Le ministre a conforté nos craintes et il s’est montré réceptif à nos arguments », a commenté Dominique Ducroquet, à l’issue de l’entretien le 23 mai.
Reconnaissance du quota
La CGB ne rejette pas en bloc le contenu du projet de réforme. Elle reconnaît que le maintien du niveau des quotas grâce au plan de restructuration répond à l’une de ses demandes « et va dans le sens du maintien de la production dans les pays compétitifs comme la France », commente la Confédération. Il en est de même pour la prise en compte de la production de sucre hors quota, même si les propositions ne vont pas assez loin. En effet, la Commission propose de réintégrer la production de sucre hors quota dans le quota, ce qui est jugé comme une bonne idée. « Mais le problème est que Bruxelles propose de ne réintégrer que un million de tonnes sur les trois millions de tonnes produites dans l’UE.C’est un volume bien insuffisant, commente Alain Jeanroy, directeur général de la CGB . De plus, cela doit être réalisé sans coût, alors qu’on nous propose aujourd’hui de racheter le quota ».
Non à une baisse de 40 % du prix du sucre
En revanche, s’il y a un point sur lequel la CGB est en opposition totale avec la Commission, c’est celui de l’accentuation de la baisse du prix du sucre par rapport à la proposition Fischler : « Une baisse de prix de plus de 40 % est totalement inacceptable et remet gravement en cause le revenu betteravier », s’insurge Dominique Ducroquet. Autre point d’insatisfaction : les volets « importations » et « exportations » ne sont pas traités, alors qu’ils sont fondamentaux pour le bon fonctionnement d’une organisation de marché, selon la CGB.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Halte au commerce triangulaire
Tout d’abord les importations : les planteurs de betteraves réclament la mise en place d’un contingent d’importation vis-à-vis des PMA (pays les moins avancés), comme elle l’a fait pour les Balkans. Sans ce type de mesure, à partir de 2009, année de la mise en application de l’accord « Tout sauf les armes », il risque de se mettre en place un commerce triangulaire : les PMA achètent aux grands exportateurs de sucre tels que le Brésil pour revendre à l’UE.L’idée serait de limiter les importations de PMA à leur potentiel d’exportation nette, c’est-à-dire entre 800 000 et 900 000 tonnes, afin d’éviter que 3 à 4 millions de tonnes ne déferlent en Europe.
Renégocier les exportations à l’OMC
Quant aux exportations de l’Union européenne, une solution doit être apportée au Panel que l’UE a perdu contre le Brésil et qui engendre à terme une réduction de 72 % des exportations de l’UE vers les pays tiers, et non 20 % comme prévu à Marrakech. « Nous demandons que les références d’exportation de l’UE soient renégociées à l’OMC », insiste Dominique Ducroquet. « Nous entrons donc désormais dans la dernière ligne droite des négociations sur cette réforme, un peu plus tôt que prévu. Il y aura des alliances entre États membres de l’UE, ajoute-t-il. Mais nous restons optimistes parce que la volonté de la Commission est de soutenir une production de sucre plus compétitive ».