Renaud Dutreil, ministre du Commerce et père de la réforme de la loi Galland se félicite de l’inflexion donnée aux évolutions de prix dans la grande distribution. Avec la baisse observée en janvier sur les produits de marque, se trouve confirmée un retournement amorcé tout au long de la première année d’application de la réforme. Pari gagné ?
L’objectif d’une baisse de 5 points en trois ans du niveau d’inflation des produits de marques est dépassé », s’est félicité Renaud Dutreil, ministre des PME, du Commerce et de l’Artisanat, au vu des résultats de la dernière étude de Panel International. Celle-ci relevait que les prix des produits de grande consommation dans la distribution ont enregistré une légère baisse en janvier (de -0,16 % en rythme annuel) et ce, pour la première fois depuis novembre 2005. Ce recul est principalement dû à la chute du prix des grandes marques, qui ont baissé de 3,11 points, une tendance amorcée depuis l’été, voire la fin du premier trimestre 2006, explique Panel International.
Pour le ministère, l’inflation des produits de marque est passée d’un rythme annuel de +0,88 % en janvier 2006 à -2,2 3% en janvier 2007, rappelant par ailleurs qu’elle était de +4% en mai 2003.
« Parallèlement, la part de marché des produits de PME dans le chiffre d’affaires des grandes et moyennes surfaces a augmenté de 2,5% sur un an », selon Renaud Dutreil, pour qui ces résultats « démontrent qu’une concurrence plus saine favorise des prix plus justes, et des gains de pouvoir d’achat pour les consommateurs ».
Hard discount et MDD deviennent inflationnistes
Plus précisément, selon l’indicateur ACNielsen/Panel International, janvier 2007 marque le retour de la… déflation en GMS. Elle atteint jusqu’à -5.3 % en hypermarchés pour les produits frais au rayon libre-service (PFLS).
Le niveau d’inflation entre les circuits diverge à nouveau : les hard-discounters sont les plus inflationnistes, et les hypermarchés sont les plus déflationnistes. L’écart est surtout sensible sur les plus grandes marques, où la déflation sur les prix fond de rayon atteint -3.1% en hypermarchés, 2 points devant les supermarchés, à seulement – 1,2%.
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La déflation des plus grandes marques continue à se creuser progressivement. Et elle ne prend pas en compte l’effet amplificateur des promotions très agressives sur les produits de ces marques.
A l’inverse, les marques maîtrisées par les distributeurs (MDD) sont de plus en plus inflationnistes, sous l’effet de leur repositionnement ou dépositionnement, d’une répercussion des coûts des matières premières sur des marges déjà comprimées ou d’une compensation de la cure d’amaigrissement effectuée sur les marques leaders : les hausses sont de +1,03 pour les MDD « cœur de gamme » (contre -1,04 en janvier 2006 vs janvier 2005) et +0.57% pour les « 1ers Prix » (contre - 2.34% en janvier 2006 vs janvier 2005). Et le hard-discount s’installe comme le circuit le plus inflationniste.
Il reste toujours difficile, commente ACNielsen, de parler d’une « guerre des prix », même si l’intensité promotionnelle sur les plus grandes marques peut laisser penser à une « bataille des promos » et si on peut voir une « guerre des marques » dans le repositionnement entre marques fournisseurs leaders, challengers et outsiders, et les marques distributeurs premium, coeur de gamme, et premier prix.
« Les résultats des négociations 2007, dont les résultats vont bientôt se dessiner dans les linéaires, à la fois en assortiment et en prix, vont être passionnants à analyser à la lumière de ces nouvelles tendances », commente ACNielsen.