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Le nombre d’exploitations agricoles baisse de 3,1% ces dernières années. Selon Laurent Piet, économiste de l’Inra, cette diminution ralentirait d’ici 2020 à -1,8%. Elles seraient entre 256 000 et 262 000 à cette date.
Le nombre total d’exploitations agricoles professionnelles sera compris entre 256 000 et 262 000 à l’horizon 2020 contre 326 000 aujourd’hui, estime Laurent Piet, économiste de l’Inra de Rennes, qui présentait ses travaux lundi 21 février sur le Salon de l’agriculture. Le rythme de diminution du nombre d’exploitations serait donc en baisse à -1,8% par an entre 2010 et 2020 contre -3,1% ces dernières années. En 2020, les exploitations de moins de 10 ha représenteraient 6,5% des fermes (contre 9,3 en 2007) et celles de plus de 100 ha 41,8% (contre 27,8% en 2007). Une surface de 100 ha serait la moyenne des exploitations en 2020, souligne le chercheur. Cette évolution de la taille des exploitations s’accompagne d’une progression du salariat en agriculture qui représente aujourd’hui près du tiers de l’emploi agricole. Dans ce contexte, le modèle français de l’exploitation familiale est en péril. Pour Laurent Piet, « si nous estimons que ce modèle est important il faut en expliciter les raisons », pour adapter les politiques publiques. « Est-il plus efficace économiquement ? Du point de vue de l’efficacité du travail ? Des impacts sur l environnement ? », demande le chercheur.
Résistance face à la volatilité
« La loi d’orientation agricole de 2006 puis le Loi de modernisation agricole en 2010 ont refusé de prolonger la notion d’exploitation familiale comme socle de l’agriculture française, lui préférant le concept d’entreprise agricole », rappelle Jacques Rémi, sociologue de l’Inra. « Cette évolution a également été affirmée par la FNSEA lors du congrès du Mans en 2005 », ajoute t-il. Pourtant, dans le contexte actuel de volatilité importante du cours de matières premières agricoles, « on a tendance à penser que la structure familiale est plus résiliente alors que le salariat (en plein développement) est plus rigide », note Aurélie Darpeix, du ministère de l’Agriculture, qui présentait son travail de thèse au sein de l’Inra sur le salariat dans le secteur des fruits et légumes. Mais les groupements d’employeurs permettent de donner plus de souplesse au salariat. « En même temps, le fait que le conjoint travaille désormais à l’extérieur de l’exploitation constitue aussi une assurance pour les revenus du ménage face à la volatilité », souligne Laurent Piet.