À la veille des 2 assises de l’agriculture biologique (8 octobre 2008), l’Agence Bio vient de publier les chiffres clés de l’agriculture bio en France pour 2007. La barre des 2% de surfaces en bio est atteinte. Les surfaces en bio ont quintuplé en 10 ans, mais depuis 2003, la progression est beaucoup plus lente et le levier des grandes cultures n’opère pas. Pour atteindre l’objectif de 6% de la production en bio en 2012 , la FNAB, au-delà du soutien politique, appelle à la coordination des acteurs de la filière du bio. Pour sa part, le ministère de l’Agriculture a lancé, le 25 septembre, un deuxième appel à projets destinés à soutenir la production et la consommation de produits bio.
En 2007, près de 12 000 exploitations agricoles étaient engagées dans l’agriculture biologique (+ 3% par rapport à 2006), représentant 2% des exploitations agricoles françaises, indique le rapport de l’Agence Bio qui vient de paraître. C’est également la proportion des surfaces en mode de production bio en 2007 (557 153 ha, surfaces en conversion comprises) par rapport à la surface agricole utilisée nationale, selon l’Agence Bio. Elle annonce une progression moyenne du nombre d’exploitations bio de près de 2,5% par an de 2001 à 2007, dans un contexte général à la baisse pour les exploitations agricole françaises (environ -3% par an). Si les surfaces en bio ont quintuplé en 10 ans, précise le rapport, en revanche il y a un ralentissement depuis 2003, et toutes les productions ne sont pas logées à la même enseigne. Les grandes cultures en particulier (20% des surfaces en bio, les plus développées après les surfaces fourragères), qui constituent un levier potentiel important pour les surfaces cultivées en bio, ont du mal à décoller. Doux euphémisme en ce qui concerne les surfaces en oléagineux (-18,4% de 2006 à 2007) et les protéagineux (-14%), même si les tonnages ce sont maintenus d’une année à l’autre.
Réorientation des aides
De là à tripler la production d’ici 2012, pour atteindre 6% des volumes agricoles, comme le souhaite le ministre de l’Agriculture Michel Barnier à travers son plan de développement de l’agriculture biologique, il y a du chemin. Pour la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB), « cet objectif ambitieux peut être atteint », à condition que le doublement de crédit d’impôt inscrit au projet de Loi Grenelle I profite à tous les producteurs bio, y compris ceux qui touchent des aides à la conversion, jugées trop faibles. La FNAB insiste également sur la nécessité de réorienter en conséquence les crédits d’état alloués à l’agriculture française par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement à travers la PAC vers le bio. Elle considère que ces mesures sont un minimum pour atteindre les objectifs affichés à l’horizon 2012. « Elles permettraient de décider les candidats hésitant à faire le pas vers la conversion au bio », mais malgré ça « nous serons loin d’atteindre les 4500 nouveaux producteurs bio par an nécessaires pour atteindre 6% de bio dans notre production », souligne Henry Thépault, président de la FNAB. Car si Michel Barnier a fait une première réponse positive aux exigences de la FNAB en annonçant, le 17 septembre dernier lors du « grand conseil d’orientation de l’Agence Bio », le déplafonnement des aides à la conversion Voir Agra Presse Hebdo n° 3169 du 22 septembre 2008 - p 45., « beaucoup de freins au développement du bio demeurent, et la profession agro-alimentaire dans son ensemble marche à reculons sur ce dossier », explique Henry Thépault. La FNAB déplore « le manque de coordination des acteurs de la filière bio » et « le peu de dynamisme des structures agricoles conventionnelles dans le domaine des conversions ». Elle s’inquiète aussi « d’une éventuelle main mise d’un syndicat peu acquis au bio (la FNSEA ndlr) sur le nouveau dispositif d’installations ».
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Selon l’Agence Bio, en 2007 la vente des produits bio a généré 2 milliards d’euros HT (1,5% du marché), connaissant une hausse de 15% par rapport à 2006. Quant au baromètre CSA/Agence Bio réalisé en octobre 2007, il indique que 77% des Français estiment que l’agriculture bio est une voie d’avenir face aux problèmes environnementaux, et 84 % souhaitent son développement.