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La Belle Iloise : transmission réussie entre père et fille

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Après 40 ans à la tête de la conserverie familiale La Belle-Iloise (50 M€ de chiffre d’affaires annuel) créée par son père en 1932 à Quiberon, Bernard Hilliet a accompagné sa fille de 2006 à 2011 afin qu’elle puisse lui succéder. Une transmission, extrêmement bien préparée, couronnée de succès.

Après 40 ans à la tête de la conserverie familiale La Belle-Iloise (50 M€ de chiffre d’affaires annuel) créée par son père en 1932 à Quiberon, Bernard Hilliet a accompagné sa fille de 2006 à 2011 afin qu’elle puisse lui succéder. Une transmission, extrêmement bien préparée, couronnée de succès.

A 36 ans, Caroline Le Branchu a pris la tête de la Conserverie familiale La Belle-Iloise. C’était en 2011, cinq ans après son arrivée dans l’entreprise. Cinq ans qui ont été nécessaires pour préparer une transmission idéale entre elle et son père, Bernard Hilliet, fils du fondateur de l’entreprise. Fille aînée du p.-d.g., elle représente alors la troisième génération aux commandes et poursuit une stratégie de développement lancée par son prédécesseur tout en réinventant le modèle de l’entreprise et en se renouvelant pour répondre à de nouveaux défis.

« Caroline a fait des études commerciales, ce qui était cohérent avec une éventuelle reprise, note Bernard Hilliet. Pourtant, elle n’avait pas du tout évoqué cette intention. » Dans les années 2000, alors qu’elle travaille chez IBM, Caroline Le Branchu revient vers son père pour lui faire savoir qu’elle est intéressée pour prendre les rênes de l’entreprise familiale.

« On ne devient pas dirigeant du jour au lendemain »

Ce projet s’inscrit dans son schéma de vie et répond à ses aspirations profondes de retour en Bretagne. En 2006, Caroline Le Branchu, alors âgée de 31 ans, intègre l’entreprise avec une seule ambition : se préparer à prendre la tête de la conserverie. « On ne devient pas dirigeant du jour au lendemain. Je n’étais pas venue pour un job dans l’entreprise mais bel et bien pour me préparer à prendre la direction », précise-t-elle. Accompagnée par un coach six mois avant d’intégrer l’entreprise, Caroline Le Branchu construit son arrivée et réfléchit à son projet. « J’ai pris des responsabilités progressives. J’ai commencé par découvrir l’ensemble des métiers en travaillant avec chacun des membres du comité de direction pour connaître les éléments structurant de leurs métiers », explique Caroline Le Branchu. « J’ai été en responsabilité opérationnelle en prenant la direction des systèmes d’information, j’ai piloté pendant deux ans le projet de changement d’ERP. Un projet extrêmement structurant pour l’entreprise qui m’a permis de rentrer dans l’ensemble des processus métiers, de la comptabilité à la production. »

Ecrire la stratégie collectivement

Ensuite, la future dirigeante prend les fonctions de responsable des Ressources Humaines et du contrôle de gestion. Dans le même temps, elle accède au poste de directrice stratégique avec pour projet de réécrire la stratégie de l’entreprise collectivement avec le comité de direction, toujours soutenue par son père. « Une mission transversale pour laquelle nous avons toujours travaillé en binôme avec mon père », précise-t-elle. « La dernière année, celle de la transition, est la plus compliquée. Surtout pour les équipes qui doivent composer avec une direction bicéphale. Il n’y avait qu’un seul patron, mon père, mais qui parfois ne prenait pas de décision concernant les enjeux à venir et demandait que je les prenne. C’était assez déstabilisant pour les équipes » se souvient Caroline Le Branchu.

Cette transmission s’organise également financièrement et juridiquement. En effet, Bernard Hilliet possède alors 55 % du capital et son frère, Georges ainsi que ses enfants en détiennent 45 %. « Il s’agissait alors de pérenniser l’entreprise et son actionnariat », complète Bernard Hilliet qui profite de son départ pour céder ses actions à ses quatre enfants. « J’ai souhaité mettre en place une organisation juridique qui permette à Caroline d’être majoritaire en termes de voix. »

La volonté du dirigeant, un élément clé

« Mon père a toujours été moteur et volontaire. Il m’a tout de suite accordé sa confiance. Il n’a jamais fait de rétention d’information et m’a laissé la main. C’est vraiment une transmission idéale », reconnaît Caroline Le Branchu. Son père, Bernard Hilliet complète : « J’ai su ce que c’est d’être seul aux commandes d’une entreprise. Je l’ai été moi-même à 22 ans lorsque mon père était très malade. J’ai vécu alors mes plus grandes frayeurs et mes plus grands plaisirs de dirigeant. Je sais combien il peut être enrichissant d’être seul aux commandes, alors je n’ai jamais voulu m’immiscer dans le travail de ma fille après mon départ. »

Dans une entreprise familiale, la confiance est essentielle. Mais encore plus lorsqu’un dirigeant doit céder les rênes à son enfant. « J’ai une grande confiance dans le talent de ma fille », raconte Bernard Hilliet. « Je savais qu’elle était armée intellectuellement, qu’elle avait des capacités et l’envie d’y arriver. »

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50 M€ de chiffre d’affaires

5 % à l’export

Siège à Quiberon (Morbihan)

Entrepôt logistique à Saint-Avé, près de Vannes

80 boutiques (dont deux en Belgique)

1 200 tonnes de sardines fraîches par an

800 tonnes de thon

400 tonnes de maquereaux

350 à 550 collaborateurs suivant les saisons

1 restaurant La Tablée à Nantes

1 Bar à sardines à Paris dédié au snacking