Abonné

Semences La biodiversité cultivée pour répondre aux défis de l’agriculture

- - 3 min

En contribuant à la sauvegarde de variétés cultivées anciennes, les entreprises de semences participent à la préservation de la biodiversité, estiment-elles. Cette démarche leur permet surtout aujourd’hui d’adapter leur offre aux exigences du Grenelle de l’environnement en rendant leurs variétés plus résistantes aux ravageurs.

Souvent accusés d’uniformiser les cultures, les semenciers, à travers leur interprofession, le Gnis, souhaitent au contraire montrer qu’ils sont des défenseurs de la biodiversité. Pour la troisième fois cette année, le Gnis a organisé un événement de communication, le 17 septembre près d’Angers, auprès du grand public (enseignants, décideurs politiques…). Les entreprises de semences créent de la biodiversité en mettant chaque année sur le marché de nouvelles espèces et contribuent à conserver les variétés anciennes comme source d’innovation génétique. A l’heure où le Grenelle de l’environnement demande aux agriculteurs de consommer moins d’intrants, ces variétés dites anciennes reprennent en effet tout leur intérêt pour les remettre en culture mais surtout pour aller y chercher des gènes de résistance à certaines maladies. Mais Daniel Gabillard, directeur de recherche chez Vilmorin, tient à préciser : « Je considère que nos variétés actuelles sont plus rustiques que celles dites anciennes. En effet, ces dernières sont souvent sensibles à beaucoup de maladies, mais elles peuvent présenter un caractère de résistance intéressant pour une maladie précise. Alors que les variétés actuelles résistent à 10 ou 20 agresseurs différents ».

Catalogue évolutif
La réforme en cours du catalogue français des espèces et des variétés doit permettre de mieux intégrer ces notions de conservation des variétés et de développement durable. Avec l’introduction il y a quelques années d’une rubrique variétés pour amateurs et la création en cours d’une autre pour les variétés de conservation (« menacée d’érosion génétique » selon la définition de l’Union européenne), chaque variété doit pouvoir trouver sa place pour éviter sa disparition. Même si les réseaux de sauvegarde de la ressource génétique (semenciers, laboratoires de recherche, interprofessions…) constituaient déjà une protection contre la disparition de variétés. « Le système évolutif du catalogue – dans lequel une variété peut passer d’un statut à un autre – permet d’éviter les pertes de biodiversité », souligne François Boulineau, directeur de l’unité de Brion (49) du Geves (groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences).
Certaines espèces anciennes ont été récemment réinscrites au catalogue professionnel comme la noire de Crimée (tomate). Et ce sera bientôt le cas d’une carotte blanche : la blanche demi-longue des Vosges. « Le marché professionnel commence à s’y intéresser pour la vente directe en circuits courts », confirme Dominique Velé, directeur de la Ferme de sainte Marthe, entreprise spécialisée dans la maintenance de variétés potagères pour les jardiniers amateurs principalement. Selon lui, « cette diversification des productions est la réponse aux problèmes actuels de l’agriculture en termes de revenus mais aussi d’image ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre