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Environnement La biodiversité peut devenir un levier de la productivité agricole

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Lors d’un colloque organisé par Proléa, le 31 mai à Paris, sous le thème « Agriculture et biodiversité, quelles réflexions ? quelles actions ? », Michel Griffon, président de l’Association pour l’agriculture écologiquement intensive (AEI), a déclaré qu’il était possible de cultiver l’ensemble des terres d’une exploitation agricole tout en favorisant la biodiversité. Il remet ainsi en cause la volonté de la Pac 2014-2020 d’imposer 7% de surfaces d’intérêt écologique sur les exploitations agricoles, déclarant « qu’il y a mieux à faire ».

«Les agriculteurs doivent proposer des mesures d’AEI acceptées par la société et la Pac », a indiqué Michel Griffon, président de l’association AEI, lors d’un colloque organisé à Paris le 31 mai par Proléa. De son côté, Christian Rousseau, membre fondateur de l’Institut de l’agriculture durable (IAD) et président délégué de Vivescia, a prôné la conciliation de la productivité et de la protection de l’environnement en modifiant les pratiques agricoles autour et au niveau des parcelles cultivées. Il a ainsi montré que les techniques culturales simplifiées ou de non-labour permettaient d’augmenter significativement la vie des sols, qui constitue une forme de biodiversité. Selon lui, « en minimisant le travail du sol, en pratiquant les intercultures et en favorisant les rotations tous les indicateurs du développement durable se mettent au vert sans antagonisme avec la productivité ».

Définir une grille plus ouverte pour les surfaces d’intérêt écologique

Pour Christian Rousseau, « il faut définir une grille pour atteindre les 7% de surfaces d’intérêts écologiques valorisant les systèmes de cultures innovants ». Il propose de donner des coefficients à différentes mesures favorisant la biodiversité en estimant leurs effets. Ainsi, la mise en place de haies, de bandes enherbées, de surfaces jamais labourées ou le nombre de jours où les parcelles sont couvertes, pourrait constituer des points favorables à la biodiversité. Il a aussi cité les plans de campagne incitant aux associations de cultures en colza, permettant d’étouffer les adventices lors de la croissance de la plante, puis restituant de la matière organique aux cultures par la suite. Cependant, Gérard Tubéry, président de la Fédération des producteurs d’oléagineux et protéagineux (Fop), pointe aussi les limites du soutien à la biodiversité, indiquant que depuis quatre ou cinq ans les semis de tournesol étaient rendus difficiles par la prolifération de prédateurs, principalement des oiseaux. Il a ensuite souligné le caractère dynamique du développement de la biodiversité, qui selon lui nécessite un accompagnement des agriculteurs par les politiques agricoles qui doivent pouvoir s’ajuster. Pour Christian Rousseau, il faut démontrer aux agriculteurs que si ils changent de pratiques, ils vont gagner de l’argent. Enfin, Xavier Beulin, président de la FNSEA, qui concluait ce colloque, a indiqué être favorable à une croissance durable, mais a posé la question : « Veut-on une approche administrative et policière, ou une approche basée sur la confiance, l’expertise et les expériences existantes ? ». Il faut aussi selon lui lancer une réflexion sur le mode de rémunération des services environnementaux rendus par les agriculteurs, mais, selon lui « la monétisation de ces services ne va pas de soi ». Il a aussi évoqué l’intégration de l’agriculture européenne dans un contexte international, en soulignant que les préoccupations environnementales étaient inexistantes dans certains pays.

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