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Politique La bioraffinerie s’affirme comme outil du redressement industriel

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Les dirigeants du pôle de compétitivité Industrie et agro-ressources (IAR), deux présidents de régions et le président de la FNSEA ont déclaré leur volonté de soutenir les bioraffineries comme outils du redressement industriel et de la revitalisation des territoires, lors d’une conférence de presse qu’ils ont tenue le 4 octobre.

La bioraffinerie, nouvel outil du redressement industriel et de la revitalisation des territoires, c’est l’orientation que veulent donner aux nouvelles valorisations de l’agriculture les dirigeants du pôle IAR, les présidents des régions Picardie et Champagne-Ardenne et le président de la FNSEA Xavier Beulin. Telle est la position des principaux décideurs politiques des bioraffineries en France, à une semaine des Rencontres IAR 2012, qui réuniront à Reims le 11 octobre des industriels français, belges, américains, des universitaires, représentants de collectivités locales et de la Commission européenne sur le thème : « Du concept à sa réalité industrielle ».

À l’opposé de très grandes bioraffineries portuaires

Daniel Thomas, vice-président du pôle, a indiqué avec insistance : « Nous n’acceptons pas que le monde agricole soit considéré comme un vulgaire fournisseur de matières premières indifférenciées ». « Notre conception est à l’opposé de très grandes bioraffineries portuaires qui draineraient des matières premières venant de partout dans le monde au prix le plus bas », a-t-il précisé, mettant l’accent sur « la relation harmonieuse avec les territoires ».
Xavier Beulin a, quant à lui, soutenu la nécessité de « partenariats actifs » dans le cadre des Investissements d’Avenir et a évoqué les appuis qu’il pense avoir du côté du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
En outre, Claude Gewerc, président de la région Picardie, et Jean-Paul Bachy, président de la région Champagne-Ardenne, ont affirmé que les bioraffineries sont « un outil efficace d’ancrage territorial de nouvelles activités innovantes » et que « c’est un moyen reconnu pour créer de la valeur et des emplois locaux ». La bioraffinerie peut même s’imposer comme un outil incontournable, en cas de forte remontée des prix du pétrole : « La suite logique d’une reprise de l’économie mondiale, dès qu’elle aura lieu, sera la hausse des cours du baril. On ne peut pas imaginer une reprise économique avec le seul pétrole comme source d’énergie et de molécules pour la chimie », a souligné Claude Gewerc.

Les biocarburants occupent moins d’hectares que la jachère

Le sujet de la bioraffinerie se heurte nécessairement sur celui de l’affectation des sols, et leur couverture par des cultures destinées à produire des biocarburants, actuellement critiqués en cette période de prix élevés des matières premières végétales. Interrogé sur ce frein éventuel, Dominique Dutartre, président du pôle IAR, a répondu en indiquant que ces cultures représentent 4% des hectares de grandes cultures en France. Un taux à mettre en regard avec les 7% de réserve écologique qu’envisage la future Pac et avec les 10% de jachère pratiqués dans l’UE dans les années 1990 et 2000.
En outre, comparé au gaspillage alimentaire pratiqué dans le monde, le prélèvement que représentent les biocarburants de première génération apparaît encore plus faible, sachant que 58% des calories produtes par les végétaux dans le monde ne sont pas consommées, a souligné Dominique Dutartre.
Enfin les biocarburants restituent à l’alimentation du bétail 40 à 55% de co-produits, a-t-il ajouté.
Cependant, admet Xavier Beulin, la justification de la politique des biocarburants « ne va pas de soi », car elle nécessite des explications sur l’utilisation non alimentaire, surtout en période de prix élevés, mais « il faut faire preuve de pédagogie ». Or, la culpabilisation des biocarburants « est une facilité de langage pour expliquer la hausse des prix des matières premières ».

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