Lors de la 15e matinée Export et Bourse de l’exécution organisée par l’interprofession des céréales, Intercéréales, son président Jean-François Loiseau est revenu sur la concurrence russe qui « met en péril les fondamentaux du marché céréalier ». Selon M. Loiseau, la Russie a développé « une armada extraordinaire de combat pour envahir le terrain de jeu des acheteurs de céréales, dont le continent africain ». La présence russe se manifeste notamment en Égypte et en Algérie, où elle domine largement les importations de blé. « Aujourd’hui, 70 % des importations égyptiennes de blé sont russes », souligne ainsi Roland Guiragossian, responsable du bureau d’Intercéréales Algérie, Égypte et Moyen-Orient. De même, l’office public chargé de l’approvisionnement en céréales en Algérie (OAIC) est « petit à petit sorti du giron français ». En 2023-2024, l’OAIC a importé 1,6 Mt de blé russe, « soit 40 % des achats de campagne », selon M Guiragossian. Face à un tel constat, M. Loiseau en appelle à une réponse politique pour que la France « retrouve sa place agricole et agroalimentaire » sur le marché mondial. Alors qu’au milieu des années 2000, la France était « le troisième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires », elle a chuté à la sixième place du classement quelque vingt ans plus tard. Présent lors de cet échange, le ministre délégué chargé au commerce extérieur Franck Riester a assuré le soutien du gouvernement, pour ouvrir notamment de nouveaux marchés céréaliers, au Maghreb, en Afrique subsaharienne ou en Chine. Par ailleurs, le ministre souhaite organiser « des réunions spécifiques filière par filière pour faire un point sur toutes les destinations stratégiques d’exportation ».
70 % des importations égyptiennes de blé sont russes
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