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Les ministres de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Stéphane Le Foll et Guillaume Garot, ont réuni le 12 février à Paris les élus bretons pour faire un tour d’horizon sur la crise qui affecte la filière porcine et avicole. Ce même jour, les éleveurs membres du Comité régional porcin (CRP) et l’Union des groupements (UGPVB) de Bretagne ont proposé un plan de modernisation visant à préserver 3 100 emplois de la filière menacés par le recul de la production de 10 % à fin 2014 (qui pourrait se solder par la fermeture de trois abattoirs) et maintenir la production à 15 millions de cochons par an. D’un montant de 524 millions d’euros, ce plan « vise à moderniser les élevages pour gagner en compétitivité et maintenir le volume de production en Bretagne », a expliqué le président de l’UGPVB, Michel Bloc’h. Les décisions politique attendues « n’entraînent pas de dépenses publiques et ne modifient en rien les normes environnementales », selon les éleveurs.
Craintes pour l’emploi industriel
Ces dernières années, le cheptel porcin est en baisse en Bretagne (58 % de la production porcine en France), du fait en particulier du coût des mises aux normes des élevages et parce que le cours de la viande porcine ne couvre même pas le prix de revient pour le producteur, en raison de la hausse de l’aliment, selon les producteurs. Pour cette raison, ils demandent à être reçus par les ministres de l’Agriculture et de l’Écologie, Stéphane Le Foll et Delphine Batho, dont ils attendent des décisions pour préserver, assurent-ils, les emplois en Bretagne. Pour eux, la baisse de la production va se traduire inévitablement par la perte d’emplois industriels, notamment dans les abattoirs déjà pris en étau entre la hausse du prix du porc et la pression de la grande distribution pour maintenir des prix bas. Une illustration pourrait en être donnée par le groupe Gad, filiale charcutière à 65% de la coopérative de légumes Cecab. Un comité central d’entreprise extraordinaire s’est réuni le 13 février à Quimperlé, siège de la société. À l’heure ou nous bouclons, nous ne connaissons pas l’issue de cette réunion. Les salariés sont cependant très inquiets, redoutant un dépôt de bilan, s’accompagnant d’un plan social voire de la fermeture totale ou partielle des trois abattoirs du groupe (Josselin, 650 salariés, Lampaul-Guimiliau, 860 salariés et Saint-Nazaire, 80 salariés). Les deux plus importants sites d’abattage travaillent en sous-régime depuis de longs mois.
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