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Maïs La campagne de production démarre sous des auspices favorables

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En dépit de conditions de marché incertaines pour les producteurs, les surfaces ensemencées en maïs se maintiennent par rapport à l’an dernier. Marquée par la précocité des semis, la campagne de production a dans l’ensemble plutôt bien démarré. Même si des ravageurs comme les corbeaux freux sont un problème dans certaines régions.

Malgré des cours en net retrait par rapport à 2008 et des stocks importants, « les surfaces de maïs restent à peu près stables ». C’est ce qu’a confirmé Jean-Paul Renoux, animateur de la filière maïs chez Arvalis, lors d’une conférence de presse organisée le 3 juin à Boigneville à l’occasion des Culturales 2009. 3,05 millions d’hectares ont été ensemencés en France ce printemps. D’après l’institut technique, la sole en maïs grain atteindrait 1,65 million d’hectares, un chiffre déjà avancé mi-mai par le service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture, contre 1,7 million d’hectares en 2008. Les autres cultures de printemps n’étant pas plus attractives que le maïs, les producteurs n’avaient guère de possibilité de faire des transferts. Et la céréale a profité des surfaces qui n’ont pas pu être semées cet automne en raison des conditions climatiques trop défavorables. En maïs fourrage, les surfaces monteraient pour leur part à 1,3 million d’hectares, un chiffre proche de celui de l’an dernier. L’aliment « gagne des parts de marché », a indiqué Jean-Paul Renoux. La tendance à la désaisonnalisation de la production inciterait les éleveurs à recourir davantage à cette céréale.

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Des semis en avance d’une semaine

C’est la précocité des semis qui marque pour l’instant la campagne 2009. Une première vague d’un million d’hectares a été mise en place entre le 15 mars et le 7 avril, sachant toutefois qu’une seconde vague, principalement du maïs fourrage, s’est étalée de la mi-avril à la mi-mai en raison des pluies. « Sur l’ensemble de la France, les semis ont été effectués en moyenne avec une semaine d’avance », estime le spécialiste. Semer tôt est une pratique conseillée par l’institut : elle permet d’esquiver le stress hydrique et d’améliorer la qualité sanitaire des maïs. Et elle donne pour l’instant de bons résultats. Avec leurs 9 à 12 feuilles, les maïs de la première vague « sont aujourd’hui les plus beaux », a affirmé Jean-Paul Renoux. Car « ils ont échappé à peu près à tout ». Le spécialiste s’inquiète tout de même des « risques énormes » pris par les exploitants, qui ont parfois négligé la protection contre les ravageurs du sol, principale menace pesant sur les semis précoces. Quoi qu’il en soit, le potentiel de rendement demeure pour l’instant intact. Reste à espérer que les ravageurs et tout particulièrement les corbeaux freux se tiennent tranquilles. Ces derniers constituent un problème crucial dans les zones céréalières où les plantes de printemps sont minoritaires, selon Jean-Paul Renoux : « Certains producteurs ne pourront pas tenir si l’on ne trouve pas de solutions », estime-t-il.