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Coopération agricole La campagne d’opinion pour l’agriculture coopérative en bonne voie

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Début juillet, Acooa, ou alliance des coopératives agricoles, devrait choisir l’agence de communication et de publicité qui mettra en œuvre la grande campagne de communication décidée il y a plus d’un an par les coopératives agricoles. Sur un potentiel de 7 à 8 millions d’euros récoltables pour la financer, auprès des coopératives agricoles françaises, 4,5 millions ont déjà fait l’objet d’engagements fermes. « Nous devons être bien plus visibles auprès de la société », lance Pascal Prot, président de Vivescia, un des initiateurs de la campagne.

«Nous devons mieux exister dans les débats publics qui nous concernent », explique Pascal Prot, le président de Vivescia. Tel est un des objectifs de l’importante campagne d’information et de promotion qui se prépare au sein des coopératives agricoles, annoncée par Philippe Mangin, président de Coop de France dès la création d’Acooa, l’alliance née du rapprochement entre InVivo et Coop de France.
Déjà, 4,5 millions d’euros par an pour financer cette campagne, ont fait l’objet d’engagements fermes. C’est encore loin du potentiel évalué entre 7 et 8 millions d’euros si l’on tient compte du taux d’appel et du chiffre d’affaires global de la coopération agricole. Mais cela permet de démarrer. Et les organisateurs sont persuadés qu’une partie de la différence arrivera dès la campagne lancée. Ceci pourrait intervenir dès octobre ou novembre de cette année. En juillet, deux agences parmi celles qui auront été sollicitées devraient plancher devant le conseil d’administration d’Acooa. Puis viendra le temps de la conception des messages, de leur forme et des réservations d’espaces dans les médias.

Pas un « one shot »

« Ce ne sera pas un one shot », insiste bien Pascal Prot. La campagne est prévue, déjà, pour durer au moins trois ans. C’est bel et bien une campagne de fond qui est envisagée, touchant l’opinion nationale mais aussi les opinions locales dans lesquelles vivent les coopératives. La conviction, chez Acooa, est qu’on ne peut plus se contenter de lobbying auprès de leaders d’opinion et de politiques. Ceux-ci ne sont sensibles à des messages que s’ils sont persuadés que l’opinion elle-même y est sensible. « Nous devons être bien plus visibles auprès de la société », insiste Pascal Prot qui regrette que bon nombre de sujets concernant l’agriculture sont souvent abordés dans les débats sans aucune présence des représentants de coop. Il s’agit aussi de mieux montrer la réalité des coopératives, leur modèle, « qui correspond sans doute mieux que les sociétés purement capitalistes à ce que demandent les citoyens », insiste le patron de Vivescia. Bon nombre d’administrateurs de coopératives regrettent, semble-t-il, que le modèle d’entreprise qu’ils ont bien ancré dans les territoires ne soit pas mieux présenté. « C’est un modèle démocratique, performant et éthiquement correct, affirme Christian Pezzini, directeur d’Unicoque, leader français de la noisette. Il faut le faire savoir ! »

Un « grand projet » jamais abouti

Pour les coopératives il ne s’agit pas de parler des agriculteurs de manière indifférenciée. Il s’agit d’évoquer les agriculteurs en lien avec les coopératives. Le grand projet d’une campagne collective émanant de l’ensemble des organisations agricoles, voilà au moins 25 ans que la profession en rêve. À l’image de ce que l’artisanat a su faire sur le thème du « premier employeur de France ». Mais il n’a jamais pu aboutir en raison de divergences, tant sur les messages que sur la manière de s’y prendre. L’Etat, même, avait contribué à quelques réalisations, notamment avec la création de l’Aficar, un établissement public créé pour l’occasion. Mais celui-ci avait fini par être dissous en 2008, faute de financement privé pérenne. Aujourd’hui, ce sont les coopératives qui ont l’ambition de promouvoir leur forme d’agriculture, sans argent public, sans volonté d’universalisme, mais en prenant en compte le fait que 4 agriculteurs sur 5, semble-t-il, sont adhérents d’une coop. « Cest à nous de prendre la parole, lance Christian Pezzini, plutôt qu’aux syndicats de producteurs, qui ne sont pas unis sur le sujet. »

Toutes les coopératives, tous les produits

En revanche, il s’agit bien de parler de toutes les coopératives. « Les petites, les grandes, les coopératives agricoles, forestières, les plus internationalisées comme les plus fortement ancrées sur un territoire, quels qu’en soient les produits, celles du Nord, celles du Sud », précise le directeur d’Unicoque. Toutes, devraient bénéficier, si les résultats sont probants, d’un effet de notoriété, tant sur le plan national qu’en région. Celles qui financeront l’opération bénéficieront, de plus, de kits de communication en lien avec la campagne. Ces retombées en termes de notoriété sont également espérées sur le plan des recrutements. « Les coopératives, même parfois les plus grosses, ne sont pas dans les champs de vision des écoles de commerce », regrette par exemple un patron de coop. Et pourtant, la qualité du recrutement est bien une des conditions essentielles de leur succès et de leur reconnaissance.

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