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Contractualisation La Cavac lance un pacte « agri éthique » dans la filière blé

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Une nouvelle filière est lancée, de l’agriculteur au boulanger. « Blé agri éthique France » repose sur des contrats de trois ans à prix fixe. La coopérative vendéenne Cavac souhaite élargir la démarche à d’autres régions et types de produit.

Un pacte « blé agri éthique France » a été lancé par la Cavac, le 20 juin en conférence de presse. Il s’adresse à toute la filière, de l’agriculteur au boulanger, en passant par l’organisme stockeur, le meunier. Trois engagements sont définis : économique, social, environnemental. « Le produit à base de blé “agri éthique” garantit le revenu des agriculteurs, préserve l’emploi local, agit pour l’environnement », a expliqué Ludovic Brindejonc, directeur Qualité et Développement durable de la coopérative vendéenne. Tout repose sur un contrat de trois ans, avec un prix du blé fixé à l’avance. Cette sécurisation entre tous les maillons de la filière vise à favoriser l’investissement dans la durée, y compris en termes d’emploi. D’un point de vue environnemental, l’agriculteur doit conduire au minimum une action innovante sur l’eau, l’air, le sol. 116 adhérents de la Cavac ont déjà rejoint la démarche, pour un volume de 23 000 tonnes de blé. La Coopérative agricole du Pays de la Loire (CAPL) a suivi, avec 1 000 tonnes. Des meuniers (Minoterie Girardeau, Minoterie Planchot, Minoterie Bertrand), un industriel (Tradéoz, spécialiste du pain pour la restauration) ont aussi intégré la filière. « Blé agri éthique France » ne compte pas s’arrêter là. Son ambition est de s’ouvrir à d’autres régions, d’autres acteurs, tous types de production (œuf, lait, viande). Objectif : atteindre 100 000 tonnes de blé d’ici à trois ans.

« Un pied de nez à la spéculation »

La Cavac reste discrète sur le prix de ses contrats. Tout juste se borne-t-elle à indiquer des fourchettes basses, de 140 à 150 euros la tonne de blé, et haute, de 250 à 260 euros/t. Pour l’agriculteur, il s’agit d’engager une partie de sa récolte : 20 à 30 % par exemple. Le contrat lie les parties prenantes, céréalier/coopérative, coopérative/meunier, sur trois ans pour un prix et un volume donné. Un gros travail a été mené pour les verrouiller juridiquement, afin d’éviter tout comportement opportuniste sur la vente du produit. « C’est un pied de nez à la spéculation », a souligné le directeur Céréales Christophe Vinet. La communication sur le « blé agri éthique France » donne le ton. « Enlevons le pain de la bouche des spéculateurs » ou « D’un coup de baguette, faites disparaître la mondialisation du blé », clament notamment des affiches. Toute une publicité sur le lieu de vente (sac baguette, vitrophanie, tapis monnaie…) est prévue dans les boulangeries.

Valoriser le travail de l’agriculteur

Un site internet, www.agriethique.fr, explique aussi la démarche. Moyen d’expliquer les efforts des agriculteurs, notamment environnementaux, qui restent trop peu connus du grand public. Quelques exemples à la Cavac : des actions pour préserver le paysage et l’équilibre des écosystèmes, la mise en place de jachères mellifères pour maintenir les insectes pollinisateurs, l’utilisation de compost organique permettant de limiter l’usage d’engrais chimique et la production de gaz à effet de serre.

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