Nestlé a finalement accepté d’envisager la cession de son site de Saint-Menet, spécialisé dans le café soluble et le chocolat. La chambre de commerce et d’industrie de Marseille vient de lancer un appel à candidature, estimant que seule l’activité chocolat était viable. Elle permettrait, si un repreneur était trouvé, de conserver au maximum 140 emplois sur 427.
Nestlé a finalement accepté qu’un appel d’offres informel soit lancé, via la chambre de commerce de Marseille, pour trouver un repreneur à son site de Saint-Menet, qui produit café soluble et chocolat. Jusqu’ici, le groupe alimentaire suisse s’opposait à toute reprise, prétextant qu’il ne voulait pas nourrir la concurrence. Mais Jean-Pierre Carli, directeur général industriel de Nestlé France, s’est dit prêt à « céder le bâti et le foncier ainsi que des équipements, sauf les équipements stratégiques, s’il se présente, d’ici un mois, un repreneur crédible». Pourtant sa vision n’a pas changé : aucune reprise n’est possible. Mais Nestlé veut prouver qu’il ne fait aucune obstruction. Pour Jean-Pierre Carli, à part Legal, aucun repreneur ne se serait présenté. Quant au projet des salariés, il est considéré par la direction comme non viable, car sans marché. D’autant que leur volonté d’investir le hard discount ne plaît guère à la multinationale.
Seule l’activité chocolat est viable selon la CCI de Marseille
Mandaté le 5 septembre par le préfet de région pour l’étude de faisabilité d’une reprise du site Nestlé St Menet, le président de la Chambre d’industrie et de commerce de Marseille, Jacques Pfister, a finalement estimé qu’il n’existait des conditions de reprise viable que pour la seule activité chocolat de l’usine. « Il apparaît qu’une reprise dans le secteur du chocolat peut être viable. En revanche, la partie café est beaucoup plus aléatoire sauf miracle», a déclaré Jacques Pfister à l’issue d’une réunion de travail en préfecture. Deux semaines plus tôt, il avait annoncé qu’un repreneur serait recherché seulement dans le cadre d’un projet viable. « Dans un premier temps, nous allons analyser le dossier, en collaboration avec Nestlé et étudier les conditions d’une solution pérenne pour bâtir un business modèle qui fonctionne » avait-il alors déclaré, précisant qu’il s’agit pour la CCI, « lieu de neutralité et d’expertise », d’une mission strictement économique.
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140 personnes sur 427 pourraient être maintenues sur le site
Selon le rapport présenté par Jacques Pfister, la reprise de la seule activité chocolat se ferait avec un effectif maximum de 140 personnes alors que l’entreprise compte aujourd’hui 427 salariés. Le 20 septembre, un cahier des charges a été remis au préfet de région Christian Frémont. Un appel à candidatures a d’ores et déjà été lancé, pour une durée de dix jours. Plusieurs candidats se seraient déjà manifestés. De leur côté, des représentants des salariés de Nestlé Saint-Menet ont porté le même jour « un recueil de propositions » à la CCI, destiné, selon eux, à « améliorer » le cahier des charges élaboré pour une reprise de leur usine. « Pour nous, le principe est de conserver les deux unités – le chocolat et le café – ce qui permettrait de sauver 300 à 350 emplois. Il faut indiquer aux repreneurs qu’il est possible de reprendre les deux !», a déclaré Joël Budanic (CGT) à la presse.
Appel à candidats
Pour les syndicats, le cahier des charges remis au préfet n’aurait pas été élaboré dans l’indépendance, mais aurait été rédigé sous l’influence de Nestlé. « Nous demandons à la direction de Nestlé France qu’elle s’engage à céder l’activité café de la même manière qu’elle cède l’activité chocolat», a déclaré le représentant syndical. Dès réception du cahier de charges élaboré par la CCI, la préfecture lancera l’appel à candidatures, avec huit jours pour se déclarer. Les candidatures seront examinées par un groupe d’experts indépendants, et une réunion finale devrait avoir lieu le 14 octobre: le nom d’un éventuel repreneur sera alors annoncé.