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Caves coopératives La CCVF met en avant le problème du manque de raisin et d'installations

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Les caves coopératives, à travers leur fédération, la CCVF, mettent en avant le problème du manque de raisin et d'installations dans le secteur viticole. Tel est le message qu'a voulu faire passer Boris Calmette, président de la CCVF, lors d'une conférence de presse le 12 mai, en plein débat français sur les perspectives de la filière viticole française à l'occasion de la discussion de son plan stratégique.

POUR la Confédération des caves coopératives françaises (CCVF), la France est confrontée à un problème de manque de raisin, auquel il est temps de s'attaquer, a déclaré son président, Boris Calmette, lors d'une conférence de presse le 12 mai, à deux mois de son congrès. « La place de la France dans le monde s'érode en volume, réagissons avant que le paramètre “valeur” s'érode lui aussi », a-t-il exposé.

Les exportations de l'Italie et de l'Espagne ont déjà dépassé celles de la France en volume. Pire : les importations françaises de vins basiques augmentent, principalement en provenance d'Espagne. Elles atteignent 6 à 8 millions d'hectolitres par an. Le vignoble français peut non seulement reprendre des parts à l'export, mais en regagner aussi sur son marché intérieur.

La France a intérêt à être présente sur toute la gamme

Pour le président de la CCVF, la France doit pouvoir offrir toute la gamme de vins, comme le font les partenaires italiens, partant des bases industrielles de vins pour des mousseux ou des vins à bas prix, pour lesquels la France « peut être compétitive », pour aller jusqu'aux grands vins. Les Italiens « nous prennent des parts » parce qu'ils sont sur l'ensemble de la gamme, en commençant par les Asti et les effervescents et en finissant par des vins de haute qualité.

Pour lui la France « a intérêt » à être présente sur toute la gamme. « Tout le monde ne le pense pas » dans la filière, a-t-il ajouté. Mais « à partir du moment où la compétitivité de ces vins sans indications géographiques (VSIG) est avérée, il faut y aller ». Sur ce terrain de la compétitivité, des régions comme le Languedoc-Roussillon « n'ont rien à envier » à leurs homologues espagnoles telles comme Castille-la Manche, a-t-il affirmé. Le président de la CCVF est convaincu que « la France peut être rentable en VSIG à l'horizon de 2025 », date que s'est fixé le plan stratégique de la filière française.

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Il faut un encadrement et une contractualisation pour les vins sans IG

Le développement d'un vignoble de VSIG n'est cependant acceptable que s'il est « encadré de façon sûre », selon lui : il faut s'assurer que ceux qui plantent des vignes de VSIG ne puissent pas vendre sous AOC ou IGP, et pour cela « il faut mettre en place une traçabilité crédible ». L'encadrement d'un éventuel vignoble dédié aux VSIG en France est essentiel, selon Boris Calmette. Il conditionnera le lancement des bassins viticoles dans la plantation de nouvelles vignes. Ainsi, le Languedoc-Roussillon est prêt à demander 1% de croissance par an de ses superficies, la région Midi-Pyrénées 2%, la Champagne et l'Alsace 0%. Cela dans le cadre du futur régime d'autorisations de plantations, qui limite à 1% par an la croissance du vignoble des États membres.

Mais pour attirer des candidats à l'installation en viticulture, le seul développement des VSIG ne suffira pas. Il faut aussi pour ces segments mettre en place une contractualisation pluriannuelle. Cette possibilité de produire de nouveaux volumes pour approvisionner les marchés devrait susciter l'installation de jeunes vignerons, estime-t-il. Mais un frein à l'installation est l'accès difficile au foncier, en raison de sa cherté. La CCVF tente d'obtenir des pouvoirs publics davantage de latitude pour constituer des groupements fonciers agricoles, ceci non dans l'objectif de détenir du foncier, mais pour le porter aux jeunes vignerons candidats à l'installation. « Les coopératives doivent se montrer attirantes » pour attirer davantage de jeunes recrues, a résumé Boris Calmette.

Le congrès de la CCVF se tiendra à Perpignan du 1er au 4 juillet.