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La Ceinture verte, une fintech française 100% maraîchère

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Nouvel acteur du portage foncier agricole, la start-up de l’économie sociale et solidaire La ceinture verte a été lancée en septembre 2019. Elle vise à faciliter l’installation en maraîchage bio à proximité des agglomérations en créant des sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC). « Notre mission est de relocaliser l’agriculture nourricière autour des centres urbains pour favoriser la consommation locale en circuits courts » explique Pierre Pezziardi, président de la S.A.S tête de groupe de La ceinture verte (voir photo ci-dessous).

L’initiative est originale car La ceinture verte porte à la fois le foncier et les investissements nécessaires à la production (compter en tout 160 000€ par exploitation dont 90 000€ de reste à charge pour le maraîcher) grâce à sa capacité d’emprunt. « On lève des fonds avec l’agglomération donc on est une société bien capitalisée, et on est mieux reçus par les banques qu’un maraîcher seul », explique le cofondateur de la start-up. « On emprunte pour réaliser les investissements et acheter le foncier, et ensuite le maraîcher rembourse dans la mesure de sa montée en charges ». Dans le même temps, le maraîcher est sociétaire de sa coopérative et se constitue ainsi un patrimoine sous forme de parts sociales.

Des terrains agricoles de 2 hectares à exploiter

Pour l’heure, le groupe coopératif compte trois SCIC. La première a été créé à Pau en avril 2020, et la seconde à Valence en septembre de la même année. Depuis, elles ont chacune installé quatre maraîchers. La troisième SCIC a été fondée en septembre à Limoges. Et une quatrième est en passe d’être créée au Havre, glisse M. Pezziardi. Les SCIC proposent des terrains à exploiter de 2ha en moyenne, équipés d’un réseau d’irrigation, de 1500m2 de tunnels et d’un bâtiment d’exploitation de 100m2, ainsi qu’un accompagnement technico-économique.

Un schéma « qui permet d’atteindre des niveaux de rémunération importants » pour le maraîcher, mais qui est adaptable en fonction du territoire (coût du foncier, nécessité de plus d’abris par exemple), explique l’entrepreneur. En contrepartie, les nouveaux maraîchers versent une cotisation annuelle de 3 300€ la première année,  4944€ la deuxième année, puis 6 600€ à partir de la troisième année ainsi que 7,5% de son chiffre d’affaires au-delà de 40 000€. Ils doivent s’engager « au minimum 1 an » et jouissent d’un droit de maintien pendant au moins 18 ans. A l’issue, ils peuvent continuer à exploiter en versant des cotisations réduites, car leur emprunt aura été remboursé. Ils peuvent aussi revendre leurs parts sociales pour récupérer leur capital.

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Objectif : créer 100 fermes par CIC

Pour se financer, la S.A.S. compte sur « deux fonds » et « une levée de fonds en cours auprès de business angels et de fonds d’investissements solidaires » pour « un montant total d’un peu moins d’un million d’euros ». Elle bénéficie aussi d’une subvention de la Caisse des dépôts « de 390 000€ » dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêts « Territoires d’innovation de grande ambition » (TIGA), indique Pierre Pezziardi. Quant aux SCIC, chacune effectue une levée de fonds pour récolter de l’épargne solidaire. « C’est du financement participatif, mais comme on est connu on n’a pas besoin de passer par une plateforme telle que Miimosa ».

« Notre objectif est de passer à 10 installations par ville chaque année », poursuit Pierre Pezziardi, qui en réalité espère créer « 100 fermes » par SCIC « le plus vite possible ». « Si on veut produire localement ne serait-ce que 10% des légumes consommés par une agglomération d’environ 150 000 habitants, telle que Pau ou Valence, il faudrait cultiver 200 ha. Soit 100 fermes de 2 ha », explique-t-il. La ceinture verte espère aussi faire des adeptes dans d’autres territoires, notamment « en Bretagne, vers Clermont-Ferrand et sur l’axe Seine ».

Laurène Mainguy