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Betteraves La CGB définit une stratégie 2011/2020 pour la filière betteravière

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A l'occasion du bicentenaire de la culture de la betterave sucrière en France, la confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a présenté le 12 mai, un livre blanc définissant la stratégie de la filière pour les dix prochaines années. Pour la CGB, les enjeux clefs pour les prochaines années seront l'amélioration de la compétitivité des productions de sucre en France. Selon la confédération, ceci passe notamment par la conservation des outils de régulation du marché, ainsi que par la poursuite du progrès génétique. La veille, le ministre de l’agriculture, lors d’une réception, avait assuré «s’opposer à la suppréssion des quotas en 2015»

«Le rôle de la Pac post 2013 sera de sécuriser la production européenne de sucre et non de la fragiliser » a déclaré Alain Jeanroy, directeur de la confédération générale de bureau (CGB), lors d'une conférence de presse à Paris le 12 mai. Selon lui, il est nécessaire de maintenir les outils de régulation de la filière betteravière jusqu'à ce que l'Europe puisse faire face à la concurrence brésilienne. D'ailleurs, pour Alain Jeanroy, le défi n'est pas insurmontable, car « les coûts de production du sucre ont triplé en vingt ans au Brésil, avec la hausse des salaires, du niveau de vie et du Réal ». A l’occasion d’une réception de prestige, la veille, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire avait assuré la CGB de son soutien se disant «totalement opposé à la suppréssion des quotas en 2015». Il estimait qu’il faut aider la filière à gagner en compétitivité notamment en soutenant la recherche génétique.

Une compétitivité de la filière sucrière européenne en construction
« En dessous de 300€/t sur le marché du sucre les coûts de production brésilien ne passent pas, donc les prix ne risquent pas de repasser en dessous de ce seuil » a expliqué Alain Jeanroy. De plus, il a souligné « qu'avec un prix de référence du sucre européen, équivalent aux coûts de production, se situant aux alentours des 400€/t, l'écart de compétitivité entre l'UE et le Brésil s'est resserré ». Si, pour la CGB, il est nécessaire de conserver les outils de régulation de la filière sucre, à savoir les quotas, le prix minimum de la betterave et les accords interprofessionnels Alain Jeanroy concède que « si la filière sucre devenait durablement compétitive vis-à-vis du Brésil, un abandon du dispositif de régulation serait envisageable ». En attendant, des gains en compétitivité sont nécessaires. Déjà, suite à l'accord de libre échange « tout sauf les armes » en 2000 et à la perte du panel sur les exports à l'OMC en 2005, une réforme du règlement sucre s'est imposée en 2006. Ceci a entrainé une restructuration de la filière sucre française sur les zones les plus productives conduisant 5000 planteurs de betteraves à l'abandon de cette culture. La mesure a permis des gains en productivité, mais d'autres leviers sont en cours de mise en place.

L'amélioration génétique permettrait d'allonger la campagne sucrière
Actuellement des recherches sur la génétique des betteraves sauvages, au nombre de 12 à 15 000 variétés, sont menées afin de trouver un gène de résistance au froid. En effet, « lorsque la betterave gèle, la plante monte à graine et ne produit pas de sucre » a indiqué Alain Jeanroy. « Une betterave résistante au gel permettrait de semer avant l'hiver en France et de gagner un mois de végétation, comme cela se fait dans le sud de l'Espagne, en Andalousie notamment » a expliqué Eric Lainé, président de la CGB. Ceci allongerait le temps de fonctionnement des sucreries d'un mois, ce qui en diminuerait les charges fixes et donc les coûts de production du sucre. Un moyen de gagner en compétitivité pour la filière sucrière. De plus, cette technologie augmenterait les disponibilités exportables en sucre et donc les parts de marché européennes sur le marché mondial. « Le programme de recherche sur le génome de la betterave devrait être déposé en juin pour répondre au deuxième appel d'offre du grand emprunt » a indiqué Alain Jeanroy. Ce programme pourrait prendre cinq à dix ans en association avec le semencier SESVanderHave, spécialiste du secteur. Ainsi, si depuis dix ans des gains de dix à quinze jours sur la précocité des semis ont été permis, des betteraves d'hiver pourrait améliorer significativement la compétitivité de la filière. Cependant, en attendant les représentants de la filière insistent sur le fait que pour la Pac post 2013, ils se battront afin de conserver des outils de régulation adaptés aux contraintes de l'OMC, et de leur marché.

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