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Betteraves La CGB juge « à courte vue » la position de la Commission

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Suite à l’information concernant la position de la Commission européenne sur le prolongement de l’OCM sucre jusqu’en 2015-2016 (1), la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) estime cette position « pour le moins surprenante, incohérente et à courte vue. » Selon l’organisation syndicale, cette proposition ne repose sur aucun fondement économique. Trois questions à Eric Lainé, président de la CGB

La Commission de Bruxelles vient de proposer la fin des quotas pour septembre 2016, évaluant l’impact à une hausse de 1,9% des emblavements et une baisse de 8,2% du prix de la betterave. Comment réagissez vous à cette proposition ?
On ne voit pas bien quel est le fondement économique de cette décision. Justifier la désarticulation d’une filière au nom d’une hausse des surfaces de 1,9% et d’une baisse des prix du sucre de 3,5% et de la betterave de 8,2% est un non-sens. L’élément le plus ahurissant de cette position, c’est surtout la justification qui en est donnée par cette soi-disant étude d’impact. On vient déjà de vivre une réforme importante du régime sucre, qui nous a conduits à passer d’un statut d’exportateur net à celui d’importateur pour 25% de notre consommation de sucre. Cela a déjà constitué un changement considérable et un renforcement de la compétitivité.

Que proposez-vous, concrètement ?
On propose un maintien des quotas jusqu’en 2020 ainsi que du prix garanti de la betterave et le dispositif de l’accord interprofessionnel. Ce qu’il faut, c’est poursuivre l’amélioration de la compétitivité de la filière. C’est pour cela qu’on a besoin d’un système de quotas jusqu’en 2020. C’est tout le sens de notre projet sur le génome de la betterave qui devrait permettre des progrès de productivité et un allongement de la campagne sucrière. Alors, pourquoi la Commission parle d’un an de plus seulement ? Ce qu’il faut c’est se donner les moyens et le temps d’être compétitifs face aux autres régions productrices de sucre. Actuellement, vis-à-vis du Brésil, on a encore un différentiel de coût de 30%. Cet écart peut se rattraper mais il faut du temps.

La situation est-elle rattrapable ? Pouvez-vous encore faire évoluer la position de la Commission ?
C’est le 12 octobre que doit en principe être adopté le projet de réforme de la Pac par la Commission. D’ici-là on a peu de chances de faire évoluer sa position. Mais on va présenter notre argumentation le plus largement possible et on va sans doute saisir le ministre français de l’Agriculture. Bruno Le Maire s’est toujours déclaré favorable au maintien des quotas sucre. Dès lors que, après octobre, le débat sur la réforme de la Pac se situe au niveau du conseil des ministres, il doit réaffirmer son attachement aux quotas. Et puis, il faut rappeler que le Parlement européen s’est déjà déclaré sur la même ligne que les betteraviers de l’Union à ce sujet.

(1) Lire en Une de ce numéro

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