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Fin des quotas sucriers La CGB sonne le début des discussions interprofessionnelles sur l'après 2017

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Le coup d'envoi des discussions entre betteraviers et fabricants de sucre sur l'après-quota a été donné lors de l'assemblée générale de la Confédération générale des betteraviers (CGB), le 9 décembre. Stéphane Le Foll y a annoncé une mission pour accompagner la filière et réfléchir aux perspectives du secteur.

« Cela va tanguer », a déclaré le président Eric Lainé dans son discours d'AG, en pointant « les problèmes d'ordre réglementaire, interprofessionnel voire de marché » liés à la fin des quotas betteraviers. Il a en même temps sonné le début des discussions avec les fabricants de sucre sur l'après 2017.

Une mission, annoncée par Stéphane Le Foll venu sur place, devrait les faciliter. A partir du début de l'année prochaine, deux hauts fonctionnaires seront chargés de la piloter. L'objectif, en lien avec les professionnels de la filière, est de « réfléchir aux perspectives du secteur après la fin des quotas », selon un communiqué du ministère de l'Agriculture. « Banco », a réagi Eric Lainé auprès d'Agra Presse : « Cette mission, très importante, doit être menée très rapidement ».

« Déblayer le terrain » d'ici à 2017

Stéphane Le Foll a rappelé l'importance de la contractualisation et des accords interprofessionnels, « qui permettront à la filière sucrière de conserver une structuration forte et de faire face à la fin du prix minimum garanti ». Il a répondu à l'appel du président de la CGB Eric Lainé, pour qui « les fabricants traînent les pieds » sur deux dossiers concernant la modernisation des réceptions de betteraves : la réduction des pertes au lavage des échantillons et l'automatisation de la saccharimétrie. « Le lavage doit être réglé début 2015 », a déclaré le ministre, en annonçant une réunion dès la semaine suivante, pour une expérimentation l'an prochain. Des propos salués par Eric Lainé, qui confie : « La modernisation des réceptions doit être finalisée, en vue de déblayer le terrain d'ici 2017. C'est ce que vise l'accord interprofessionnel signé pour les deux prochaines campagnes. »

Autre revendication entendue, celle portant sur le bioéthanol. La CGB réclame une évolution de la fiscalité des essences, visant un prix à la pompe inférieur de 6 à 7 centimes en faveur du SP95E10, et une homologation des kits Flexfuel. « Je suis favorable à avancer dans votre sens », a répondu Le Foll sur ces deux points, « les négociations ont commencé avec le ministère de l'Environnement ». En réaction, Eric Lainé « (se) félicite de la position du ministre sur le développement du bioéthanol en France et en Europe ».

Quels outils de régulation ?

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La mission promise par Stéphane Le Foll va sûrement réfléchir à « quels outils de régulation dans un marché déréglementé ? », thème d'une table ronde lors de l'AG. Avec plusieurs idées en tête chez les betteraviers, concernant les capacités de stockage, un marché à terme, des plateformes d'information.

Pour Joost Korte, directeur général adjoint à la DG Agri de la Commission européenne, la fin des quotas en 2017, ne signifie « pas un monde ultra-libéral, sans aucune protection ». La nouvelle OCM (Organisation commune des marchés agricoles) unique maintient en effet les accords interprofessionnels et la contractualisation. « Il faut éviter de tomber sous le coup du droit de la concurrence : les cartels ne sont pas permis, a-t-il mis en garde. Cela impose de trouver le bon équilibre. Le débat est compliqué. »

Partage des opportunités et risques

Les betteraviers se sont montrés satisfaits de voir le dispositif interprofessionnel préservé. C'est aussi le cas dans d'autres pays en Europe. « On est rassuré par le maintien d'un système interprofessionnel fort et de la contractualisation, a souligné Valérie Vercammen, secrétaire générale de la Confédération des betteraviers belges (CBB). C'est indispensable au bon fonctionnement de la filière. » Elle a jugé important pour les producteurs et industriels de « partager les opportunités et risques ». « On souhaite un partage équitable et équivalent entre partenaires. Le coût de production doit être évalué de manière correcte. D'où le besoin d'instruments, prévus dans l'OCM unique, pour mesurer un juste partage. »

Deux risques majeurs existent, selon elle. Il y a la volatilité des prix, sujet à propos duquel les betteraviers belges se disent prêts à étudier des outils pour l'atténuer. Concernant l'allongement de la durée de campagne sucrière, la CBB y voit « un mal nécessaire pour améliorer la compétitivité des usines ». Des propositions sont avancées par les betteraviers belges, comme une prime tardive améliorée, une prime de bâchage. L'exemple belge est scruté de près par la CGB. (JCD)