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NÉGOCIATIONS/JAPON La chaîne agroalimentaire de l'UE soutient les négociations d'un accord de libre-échange global

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Les partenaires de la chaîne agroalimentaire de l'UE poussent à la poursuite des négociations d'un accord de libre-échange entre l'UE et le Japon. Dans une déclaration commune, FoodDrinkEurope, Celcaa et Copa-Cogeca, les lobbies de l'industrie alimentaire, du commerce agroalimentaire et des agriculteurs européens, encouragent la Commission européenne à ne pas interrompre les négociations pour un accord de libre-échange complet avec le pays du Soleil levant, dans la mesure où, après un an de négociation, ce dernier a pris des initiatives visant à lever certaines barrières tarifaires et réglementaires.

SUR la base de leur analyse respective des progrès réalisés après un an de négociations entre l'UE et le Japon, les organisations de la chaîne agroalimentaire de l'UE représentant les industries alimentaires, les agriculteurs européens et le commerce agroalimentaire ont conjointement conclu que le Japon a, à ce jour, pris un certain nombre d'étapes clés visant à éliminer progressivement les principaux obstacles non tarifaires dans des secteurs agroalimentaires spécifiques. Tout en encourageant Tokyo à faire des progrès sur le plan réglementaire pour garantir la poursuite des négociations commerciales avec l'UE, ces organisations appellent également les négociateurs des deux camps à parvenir à un résultat significatif en ce qui concerne la libéralisation des tarifs douaniers. « L'élimination des barrières non-tarifaires est une étape importante qui permettrait aux entreprises européennes de pénétrer le marché japonais sur des bases équitables », estime Mella Frewen, directrice générale de FoodDrinkEurope. « Nous avions des préoccupations spécifiques concernant certains additifs alimentaires qui ne sont pas reconnus au Japon. Aujourd'hui, la plupart semblent avoir été ou sont en train d'être acceptés, ce sont de bonnes nouvelles en effet pour nos produits », a-t-elle également annoncé.

LE CONSOMMATEUR JAPONAIS PLUS OUVERT

S'exprimant au nom du Celcaa (Comité européen de liaison du commerce agroalimentaire), Jean-Luc Mériaux, de son côté, a rappelé avec satisfaction qu'en 2013, le Japon a levé l'interdiction sur les importations de viande bovine et de produits de deux États membres de l'UE, dans un premier temps. Et que la levée de cette interdiction – qui a quand même duré 12 ans – a été suivie par la reprise des exportations de viande de bœuf de l'UE au Japon. « C'est un développement très positif et un signal encourageant pour les opérateurs de l'UE dans le contexte de la négociation d'un accord de libre-échange qui vise, entre autres objectifs, à éliminer les obstacles techniques au commerce », a-t-il affirmé. Les signataires de la déclaration commune, considèrent d'une part, qu'aujourd'hui les consommateurs japonais sont de plus en plus ouverts à la consommation de denrées alimentaires non traditionnelles et d'autre part que ce type d'aliments ne peut pas être assuré par les seules productions du Japon. Ils estiment par ailleurs que la chaîne d'approvisionnement agro-alimentaire de l'UE ne peut exploiter pleinement cette opportunité qu'à condition que les obstacles au commerce existants soient éliminés.

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DÉCISION DE POURSUIVRE EN SUSPENS

Les directives de négociations imposées en novembre 2012 par le Conseil des ministres de l'UE aux négociateurs de la Commission européenne prévoient que l'élimination des droits de douane européens et des barrières non-tarifaires du Japon aillent de pair. Elles autorisent également la partie européenne à suspendre les négociations avec le Japon un an après leur lancement, dans le cas où Tokyo n'honore pas ses engagements d'abolir ses barrières non-tarifaires. Sur la base d'un rapport de la Commission européenne sur les résultats d'un an de négociation d'un accord de libre-échange avec le Japon, les ministres du commerce de l'UE doivent en effet, dans les prochaines semaines, prendre une décision pour ou contre la poursuite des négociations avec Tokyo.

PRÈS DE 5 MILLIARDS D'EUROS D'EXPORTATION VERS LE JAPON

Selon les statistiques de la Commission européenne, le Japon est le quatrième plus grand marché d'exportation pour les produits agricoles et alimentaires de l'UE avec une valeur totale des exportations de 4,7 milliards d'euros. D'après une étude des économistes de l'Université de Copenhague, de novembre 2009, les exportations de l'UE vers le Japon pourraient augmenter de 71 % si les obstacles au commerce étaient supprimés. Plus précisément, pour les produits agricoles transformés, l'élimination des mesures non tarifaires japonaises se traduirait par une augmentation des échanges de 29 %. Et si, de leur côté, les tarifs douaniers nippons étaient réduits, les exportations de produits alimentaires transformés européens pourraient augmenter jusqu'à 137 %. De l'avis des organisations agroalimentaires eu-ropéennes, un accord de libre-échange global avec le Japon, serait, par conséquent, le seul moyen d'atteindre ce double objectif en s'attaquant à la fois aux barrières tarifaires et aux obstacles réglementaires.