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Commerce international La chaîne agroalimentaire européenne favorable à un accord avec le Japon

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La Commission européenne a fait un pas vers l’ouverture de négociations de libre-échange entre l’UE et le Japon, en proposant le 18 juillet aux Vingt-sept d’examiner un projet de mandat qui pourrait à terme donner naissance à un des plus gros accords de ce type au niveau mondial. Selon les organisations européennes représentatives des différents maillons de la chaîne alimentaire, si l’UE ne tire pas avantage aujourd’hui de la volonté du Japon lui-même de s’engager dans un accord commercial bilatéral, une telle occasion ne se représentera probablement plus avant dix ans au moins.

S’il voyait le jour, un accord de libre-échange entre l’UE et le Japon « pourrait faire gagner un point de pourcentage à la croissance de l’UE et augmenter d’un tiers les exportations » vers ce pays, a estimé Karel De Gucht, le commissaire européen au commerce. Au final, cela pourrait se traduire, selon lui, par 400 000 emplois supplémentaires.

La « solution optimale »
Les organisations professionnelles et coopératives agricoles, les industries agroalimentaires et le commerce de l’UE, réunis respectivement au sein du Copa-Cogeca, de FoodDrinkEurope et du Celcaa, estiment, dans une déclaration commune, qu’un accord de libre-échange avec le Japon est la « solution optimale » pour donner « tout son potentiel » à la large coopération bilatérale existant aujourd’hui avec ce pays.
Des discussions préparatoires ont eu lieu entre l’UE et le Japon fin mai, dont le but était d’étudier la possibilité et de définir les bases de futurs pourparlers sur un tel accord, rappellent-elles, estimant que, en conséquence, « l’étape naturelle suivante » serait pour l’Union de lancer maintenant des « négociations globales de libre-échange ».

Une opportunité à saisir
Les consommateurs japonais sont de plus en plus ouverts à la consommation d’aliments non traditionnels que la production nationale ne peut leur offrir, expliquent les trois organisations. La chaîne agroalimentaire de l’UE ne peut pas vraiment saisir cette opportunité à moins que les barrières actuelles aux échanges ne soient supprimées, estiment-elles, soulignant que, selon une étude du consultant Copenhagen Economics (datée de novembre 2009), les exportations de l’UE vers le Japon pourraient croître de 71 % si ces barrières étaient abolies.
Pour les produits agroalimentaires, la réduction des mesures non tarifaires japonaises pourrait se traduire par une augmentation des échanges de 29 %. Et si les droits de douane étaient également réduits, les exportations européennes de produits alimentaires transformés progresseraient de plus de 137 %.
Un accord global de libre-échange est donc le seul moyen de s’attaquer à la fois aux barrières tarifaires et réglementaires du Japon, font valoir le Copa-Cogeca, FoodDrinkEurope et le Celcaa.

L’exemple de la Corée
Le Japon est le quatrième débouché à l’exportation des produits agricoles et alimentaires de l’UE, pour une valeur totale de 4,1 milliards d’euros en 2011, notent également les trois organisations, qui font valoir que, « si les producteurs de l’Union ne sont pas en mesure de répondre aux habitudes alimentaires changeantes des Japonais à cause des barrières commerciales, ce potentiel de marché sera définitivement perdu au profit d’autres pays grands producteurs agroalimentaires, avec lesquels le Japon veut entrer en négociation ».
Elles notent ainsi que, comme l’a indiqué la Commission européenne pour le premier anniversaire de l’accord commercial entre l’UE et la Corée du Sud, les exportations de porc européen (produit selon des normes élevées) vers ce pays ont augmenté de 120 % au cours des neuf premiers mois d’application et que celles de produits laitiers ont presque doublé.
« Un accord préférentiel UE-Japon pourrait générer des résultats similaires non seulement pour ces secteurs mais aussi pour les producteurs d’huile d’olive et de vin, de confiseries et beaucoup d’autres », affirment le Copa-Cogeca, FoodDrinkEurope et le Celcaa.

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