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INSTITUTION/COMMERCE INTERNATIONAL La Chine fait un geste d'ouverture pour les viandes et charcuteries françaises

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La visite du président chinois Xi Jinping en France a été l'occasion d'officialiser un accord qui devrait permettre à 18 entreprises françaises de pouvoir désormais exporter de la viande de porc et de poulet sur le marché chinois. De même, trois entreprises françaises de charcuterie ont obtenu pour la première fois un agrément pour exporter leurs produits en Chine. Cette ouverture est l'aboutissement de négociations engagées depuis de nombreuses années et marque pour les pouvoirs publics et professionnels français la preuve d'une relation de confiance qui s'installe entre les deux pays.

Alors que le président chinois Xi Jinping était en visite officielle en France, les autorités chinoises ont publié le 26 mars la liste de 18 entreprises françaises, dont huit nouvelles, pouvant désormais exporter de la viande de porc et de poulet sur le marché chinois, ainsi que de 39 entrepôts frigorifiques. « C'est l'aboutissement d'un long processus de négociation qui a débuté en 2010 avec la visite de 10 premières entreprises, qui a donné lieu à un premier rapport, à des actions correctives des anomalies constatées, plusieurs allers et retours », explique Jean-Philippe Dop, conseiller en charge de la promotion internationale des produits auprès de Guillaume Garot. « Il est difficile de passer toutes les écluses quand bien même le dialogue se passe bien, notamment avec l'équipe de conseillers agricoles à Pékin, équipe qui va être renforcée avec un nouveau conseiller ». Il souligne que les visites de François Hollande en avril 2013 (avec Stéphane Le Foll) et de Jean-Marc Ayrault (avec Guillaume Garot) en décembre 2014 ont permis de donner un coup d'accélérateur à la publication de ces agréments sur le site de l'AQSIQ (Administration de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine), sésame indispensable pour que les douaniers laissent entrer les produits français homologués. Mais, met en garde Jean-Philippe Dop, il faut demeurer très prudent car tout manquement qui pourrait dans le futur être constaté dans l'une des 18 entreprises agréées remettrait en cause l'autorisation de la totalité d'entre elles.

TROIS ENTREPRISES DE CHARCUTERIE AGRÉÉES

C'est cette indispensable publication sur le site de l'AQSIQ que doivent désormais attendre les trois premières entreprises de charcuterie qui ont obtenu, également leur agrément sanitaire pour exporter. Il s'agit de Brocéliande, du groupe Cooperl, produisant du jambon cuit dans le Calvados, d'Haraguy, du groupe Delpeyrat produisant du jambon de Bayonne dans les Pyrénées Atlantiques et des Salaisons et conserves du Rouergue produisant du saucisson sec dans l'Aveyron. « C'est important d'avoir ces agréments car cela va créer une dynamique, d'autant que les deux premières entreprises peuvent assurer des flux importants ». Une analyse que partage Robert Volut, président de la Fict (Fédération des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viande). Pour lui, « sept autres dossiers d'entreprises sont en cours d'instruction, et ces premiers agréments sont importants car ils traduisent la relation de confiance qui s'est instaurée entre les services français et chinois ». Le ministère entend donc mener à son terme la procédure pour les trois premiers dossiers afin que les exportations de charcuterie puissent démarrer avant le salon de l'alimentation de Shanghai en mai prochain. « Nous serons prêts pour cette date », assure Dominique Duprat, directeur général adjoint de Delpeyrat, pour qui cette ouverture représente une réelle opportunité.

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Pour Jean-Philippe Dop, ces agréments prouvent également que la France est bien placée comparativement à ses concurrents européens. Les Italiens ont obtenu le feu vert uniquement pour les jambon de Parme, les Espagnols pour le jambon ibérique et les Danois pour le bacon. « La France est le premier pays agréé tant pour la charcuterie cuite que sèche, le marché chinois étant fermé pour les autres pays européens ».

D'AUTRES PRODUCTIONS CONCERNÉES

Par ailleurs, Stéphane Le Foll et son homologue chinois Shuping Zhi ont signé un protocole sanitaire pour les exportations de porcs reproducteurs français. Cela conforte l'image de la France en termes de génétique animale, tâche à laquelle contribue largement l'Institut français du porc (IFIP) présent en Chine depuis de nombreuses années et qui a mis en œuvre, avec treize industriels français le premier projet franco-chinois de filière porcine intégrée, fin 2011. Avant de signer, en septembre 2013 un accord de coopération avec le groupe public chinois Bright Food pour l'aider à améliorer la qualité de sa production porcine. Il a également été décidé entre les deux ministres de mettre en place un groupe de travail bilatéral. Il portera sur le sujet de la viande bovine, afin d'accélérer la fin de l'embargo sur les exportations nationales. Dans le secteur de la viticulture, Stéphane Le Foll a rappelé sa satisfaction suite à l'accord trouvé entre les professionnels européens et chinois qui permet la suspension de l'enquête antidumping diligentée par la Chine en juillet dernier qui aurait pu conduire les professionnels français à devoir s'acquitter d'une taxe additionnelle sur les marchés chinois. Enfin, les deux ministres français ont « tenu à saluer l'ouverture de la procédure de reconnaissance de l'indication géographique bordeaux, qui fait suite à la reconnaissance déjà effective des appellations champagne et cognac ».