Abonné

Commerce international La Chine ouvre ses marchés à la charcuterie française

- - 5 min

Trois entreprises françaises de charcuterie (Brocéliande, Haraguy et les Salaisons du Rouergue) ont obtenu un agrément sanitaire d'exportation sur le marché chinois. L'annonce a été officialisée par le ministre de l'Agriculture français et le ministre chinois de la Quarantaine (agriculture), le 26 mars à l'occasion de la visite du président chinois en France.

Le 26 mars à l'Elysée, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et le ministre chinois de la Quarantaine (agriculture) ont annoncé, à l'occasion de la visite du président chinois Xi Jinping en France, que trois entreprises françaises (Brocéliande – jambon cuit, Haraguy – jambon de Bayonne et les Salaisons du Rouergue – saucisson sec) avaient « franchi une nouvelle étape vers l'obtention d'un agrément définitif » pour l'exportation de leurs produits en Chine. « Il ne reste plus qu'à inscrire leurs noms sur les listes de la douane chinoise », confirme Robert Volut, président de la Fédération des industriels charcutiers traiteurs (Fict). Le ministre de l'Agriculture a demandé aux autorités chinoises « de finaliser la procédure afin que les exportations de charcuterie puissent démarrer avant le Salon de l'alimentation de Shanghai en mai prochain », précise un communiqué du ministère de l'Agriculture du 26 mars.

Relancer les exportations de charcuterie

« Cela montre que l'on a du savoir-faire et des entreprises compétitives », s'est réjoui Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). « C'est une opportunité de développer nos entreprises, qui sont sous la pression de la grande distribution sur le marché français, analyse Robert Volut. Nous partons de presque rien. La charcuterie française n'exporte que 7% de ses volumes. Nous allons enfin pouvoir faire goûter nos produits aux chinois, déterminer leur intérêt pour nos produits » (voir encadré).

Le 5 décembre dernier, le ministre délégué français à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, avait signé à Pékin un protocole sanitaire, qui devait être « la dernière étape avant l'agrément des entreprises françaises ». Une mission d'inspection chinoise a été envoyée en France en janvier pour visiter les installations françaises. Sept autres entreprises de charcuterie devraient être agréées dans les mois prochains.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

ministère de l'Agriculture
Suivi
Suivre

Les entreprises espagnoles et italiennes de charcuterie sont déjà présentes sur le marché chinois mais uniquement sur le segment de la charcuterie sèche. Avec leur jambon cuit, les français de Brocéliande, filiale de Cooperl Arc Atlantique, seront les pionniers l'exportation de charcuterie fraîche en Chine.

La filière porcine française gagne des marchés en Chine

Le 26 mars, l'Institut du porc (Ifip) a signé avec le responsable de la province du Zhangjiakou, au nord de Pékin, un accord cadre pour la mise en place de filières de production porcine intégrée. Sous l'ombrelle Ifip, de nombreuses entreprises françaises (génétique, équipement, alimentation…) contribueront sur cinq ans à un projet dont le coût est estimé à un milliard d'euros, et auquel les entreprises françaises pourraient participer à hauteur de 40%, estime Jacques Lemaitre, président de l'Ifip. C'est le troisième accord-cadre de ce type conclu par l'Ifip en Chine. Un troisième est prévu pour le mois de mai. Le 26 mars, les autorités chinoises ont également annoncé qu'elles accordaient leur agrément à une vingtaine de nouveaux sites industriels français, spécialisés dans la viande fraîche de porc et de poulet et à une quarantaine d'entrepôts frigorifiques. Pour rappel, la filière porcine française est déjà agréée que pour l'exportation de viande fraîche de porc depuis 2005. En matière de génétique animale, les ministres chinois et français ont signé « un protocole sanitaire révisé » pour conforter les exportations de porcs reproducteurs français. Plusieurs accords ont déjà été noués en ce sens, comme celui entre l'Institut français du porc (Ifip) et le groupe public chinois Bright Food en septembre dernier. Ce protocole va permettre de démultiplier ce type de coopérations.

Les jambons cuits intéressent les Chinois, selon Ubi France

L'étude Quel marché en Chine pour les produits de charcuterie française ?, livrée par Ubi France à la Fédération des industriels charcutiers traiteurs (Fict) en mai 2013 met en avant les jambons cuits comme le produit de charcuterie le plus susceptible d'intéresser le consommateur chinois, parmi les produits commercialisés par la Fict. Le jambon cuit est déjà connu des Chinois et « dispose d'une réputation d'un produit sain et bon pour la santé », explique l'étude. Pour la grande majorité des professionnels de l'alimentaire chinois interrogés par Ubi France, il est important que les producteurs français de charcuterie choisissent « des produits simples commercialisés sous l'étiquette nature, saveur originelle ». Les consommateurs chinois seraient à la recherche « de produits moins riches en matière grasse, moins salés et avec un goût plus naturel que ceux produits localement ».