Prétextant des problèmes sanitaires, la Chine a refusé le 16 juin de prendre livraison d’une cargaison de graines de soja arrivée du Brésil, portant à cinq le nombre de cargos rejetés depuis le 19 mai. Certains opérateurs soupçonnent le gouvernement chinois d’aider les triturateurs en rejetant les graines de soja achetées il y a deux mois au plus haut du marché.
Pékin a interdit de livraison de 23 fournisseurs, dont les filiales brésiliennes d’ADM, Cargill et Dreyfus, en raison d’un fongicide présent en trop grande quantité dans les cargaisons. Ce fongicide, le Carboxine, est utilisé pour combattre le phomopsis et la fonte des semis. Mais Wilmar, société basée à Hong Kong, qui est liée au gouvernement chinois, resterait autorisée à importer du soja brésilien en Chine.
Cette situation a suscité de nombreuses spéculations sur le marché de Chicago, selon lesquelles les triturateurs chinois connaissant de gros problèmes financiers, après avoir acheté les graines au prix fort il y a deux mois, essaient de se dégager de leurs obligations contractuelles. D’autant que la demande intérieure de tourteaux s’est ralentie.
Selon Rich Nelson, analyste de la maison de courtage Allendale, la perte subie par les fournisseurs serait de près d’un milliard de dollars.
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La Chine est devenue en 2003 le troisième partenaire commercial du Brésil, principalement en raison des achats de soja qui ont totalisé 1,6 milliard de dollars (contre 950 millions en 2002).