Abonné

La Chine veut mettre fin à son stockage de maïs

- - 3 min

La Chine va mettre fin à son programme de stockage de maïs et entamer une libéralisation des prix, a annoncé le gouvernement, une décision destinée à dégonfler les colossales réserves du pays et qui pourrait bousculer les marchés mondiaux.

La Chine avait commencé en 2007 à subventionner largement sa production de maïs, en la rachetant à des prix très au-dessus des cours internationaux afin de préserver les revenus des agriculteurs. Une politique qui a provoqué un bond spectaculaire de plus de 30 % de la production chinoise, faisant du géant asiatique le deuxième pays producteur du globe derrière les États-Unis.

Mais désormais, ce programme de rachat et stockage à grande échelle devrait prendre fin, ont indiqué plusieurs organes gouvernementaux, dont l'agence de planification chinoise (NDRC), cités par l'agence officielle Chine nouvelle. Désormais, les organismes publics et entreprises privées seront encouragés à racheter les récoltes aux prix du marché, et le système de rachats garantis sera remplacé par des « subventions » aux cultivateurs, ont-ils expliqué, évoquant explicitement un processus de « libéralisation ».

111,5 millions de tonnes accumulées

L'objectif de la réforme, appliquée durant la campagne 2016-17, sera autant de promouvoir une meilleure rentabilité du secteur que de contribuer à réduire les colossaux stocks de maïs emmagasinés dans le pays. Car le soutien appuyé de l'État a entraîné une prodigieuse envolée de la production, et ce faisant a entraîné l'accumulation de gigantesques réserves. Selon des chiffres du ministère américain de l'Agriculture, les stocks chinois de maïs devraient atteindre 111,5 millions de tonnes en fin de campagne 2015-16 : soit plus du double des réserves américaines, et plus de la moitié des stocks mondiaux. Alors qu'entre-temps, l'écart se creusait de façon importante entre les cours mondiaux et les prix artificiellement élevés garantis aux cultivateurs chinois. Or cette différence, avec des cours internationaux très bas a alimenté une forte hausse des importations chinoises. En 2015, l’empire du Milieu a importé des volumes records de maïs et produits de substitution pour nourrir le cheptel (orge fourragère, sorgho, manioc…). « Dans l'ensemble, au vu des changements de la conjoncture et fluctuations dans l'offre et la demande en Chine et dans le monde, des déséquilibres et contradictions sont apparus ces dernières années », a sobrement commenté Liu Xiaonan, directeur adjoint de la branche commerciale de la NDRC.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Les importations chinoises attendues en baisse

Le revirement de Pékin pourrait ébranler des marchés mondiaux fragiles : la vente par la Chine d'une partie de ses stocks, tout comme le déclin attendu de ses importations, pourraient plomber les cours et pénaliser les autres pays producteurs. Les Etats-Unis et l’Australie, gros fournisseurs de l’empire du Milieu, ont beaucoup à y perdre.

En Chine même, la réforme pourrait par ailleurs être difficilement acceptée : « Les cultivateurs vont se demander ce qu'ils doivent planter, de combien seront les subventions qu'ils toucheront et si cela sera suffisant pour compenser l'effondrement de leurs prix de vente », commentait Yan Zhang, du cabinet shanghaïen JC Intelligence Co., cité par l'agence Bloomberg.