L’industriel dijonnais fait face, encore une fois, à des difficultés : l’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Elle avait pourtant bénéficié en juillet de l’arrivée de trois investisseurs à son capital, dont Jean-Philippe Girard, p.-d.g. d’Eurogerm.
Jean-Philippe Girard est quelque peu amer après la découverte de la « situation assez catastrophique » de la Chocolaterie de Bourgogne. D’autant plus que cela était plutôt inattendu. L’affaire remonte au mois de juillet, lorsque la Caisse d’épargne de Bourgogne Franche Comté, le fonds Rubis Capital et la holding ACG, deux entités dirigées par Jean-Philippe Girard, acquièrent 30 % du capital de la chocolaterie sous forme d’augmentation de capital et d’apport de cash. La majorité (70 %) reste entre les mains de deux fonds hollandais (Nimbus et Varova) qui avaient repris l’entreprise en 2015 à la barre du tribunal.
Mais la situation réelle de l’entreprise est bien moins bonne que ce qui lui avait été présenté. Les fournisseurs ne sont plus payés, ils refusent de livrer, ce qui entraîne des difficultés lourdes pour l’entreprise qui souffre de tensions en interne. Elle est alors placée en redressement judiciaire le 31 octobre, trois mois seulement après l’arrivée des nouveaux actionnaires. « Nous sommes arrivés trop tard », analyse aujourd’hui Jean-Philippe Girard. L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 48 millions d'euros en 2016, et devrait tout juste dépasser les 30 millions d'euros en 2017.
Une situation catastrophique
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Pourtant, l’entreprise présente des qualités réelles, selon l’entrepreneur, également président de l’Ania. « Lorsque je l’ai visité le 12 septembre, j’ai pu découvrir de très beaux équipements, des salariés compétents, mais aussi des faiblesses comme un équipement en machines dimensionnées pour produire des gros volumes alors que le marché demande aujourd’hui des petites séries », explique Jean-Philippe Girard.
À l’heure actuelle, la chocolaterie a reçu plusieurs marques d’intérêt. Des industriels et des fonds seraient candidats pour reprendre l’entreprise, mais un seul dossier prévoit de maintenir le site en activité, et aucune proposition n’envisage de reprendre les 185 salariés. Les dossiers doivent être déposés au tribunal de commerce de Dijon avant le 27 novembre et le tribunal doit statuer le 4 décembre.